Aventures d’une exhibitionniste

Frissons exhibitionnistes

Je suis à bicyclette sur la petite route qui va du centre hippique au bourg. Deux kilomètres. Il y a une chapelle sur la droite, juste avant le dernier virage. Il y a quelques voitures garées là. Je suis une fille d’un naturel curieux. Je prends le chemin qui contourne le mur du cimetière. Je pose mon vélo contre le socle du calvaire. Il y a des gens qui s’affairent. Certainement une exposition de peinture ou de sculpture. J’entre dans la chapelle rarement ouverte. Le lieu est désacralisé.

Il y a des toiles suspendues à des cimaises provisoires. Des sculptures posées sur des socles en résine imitant la pierre. Je suis assise sur un des trois bancs. J’observe avec intérêt les allées et venues. Un monsieur me demande si je participe à l’exposition de dimanche. 12 mai. Je le rassure. Je ne fais que regarder. Il bavarde un peu avec moi. Il est membre d’une association qui organise de petites manifestations culturelles dans les lieux de cultes de la région.

Il me laisse pour aller rejoindre une dame qui dépose des objets dans une sorte de vitrine. Il y a un jeune homme très élégant qui vérifie l’alignement des toiles fixées sur la gauche. Je suis en jupette sport. J’écarte un peu mes cuisses. Il regarde quelquefois dans ma direction. Je fais semblant de feuilleter un livret trouvé sur le banc. Je porte mes lunettes de soleil. Je peux donc loucher tout à loisir sans que personne ne s’en doute. J’excelle dans ce genre de pratique assez vicieuse.

J’aimerai retirer ma culotte pour rajouter un peu de piment à mon exhibition. Je grelotte. L’intérieur de la chapelle est plein de fraîcheur désagréable. Je me contente d’écarter mes cuisses encore davantage. Le jeune homme est le seul à pouvoir s’en apercevoir. Il ne s’en prive pas. Il me croit absorbée dans ma lecture. Derrière mes lunettes noires, je vois tout. Je reste encore quelques minutes. Je suis morte de froid. Je salue les gens présent et je m’en vais.

Je retrouve le soleil avec joie. Je suis assise sur le muret à côté de mon vélo. J’ai une jambe relevée. Impossible de ne pas avoir une vue parfaite sur ma culotte. Je fais dépasser les poils de chaque côté. J’ai une toison pubienne volontairement dense. Je reste ainsi un moment avec le secret espoir que le type sorte. Qu’il tombe sur le spectacle. Hélas, c’est une des deux vieilles dames qui me surprend ainsi. Je me sens ridicule. Je fais un sourire gêné. Je monte sur ma bicyclette et je file à toute vitesse

Toujours à bicyclette

Je longe le chemin qui contourne les jardins de l’entreprise agricole à la sortie du bourg. Je prends le sentier qui serpente entre les bosquets, les fourrés et les cabanons jusqu’aux deux étangs. Je passe souvent par ici à cheval. Aujourd’hui, je profite des rayons du soleil pour venir à bicyclette. Nous sommes mardi. Il est 16 h30.

J’ai quitté la fac à la fin des cours, à 16 h. Dix minutes de voiture jusqu’à la maison. Je me change. Je prends mon VTC, (Vélo Tous Chemins). Je suis en jupette sport, un sweat. Dans mon petit sac à dos, j’ai du jus de fruit, un K-way, un pantalon de jogging et ma minuscule paire de jumelles que j’ai toujours avec moi, en promenade.

Je contourne la barrière. Il y a plein de vaches dans le pré. Je longe le premier étang. Il doit faire 150 m sur 150 m. Là-bas, il y a un pêcheur. Je reste dissimulée derrière les épais buissons aux fleurs jaunes. Je sors la petite paire de jumelles. Elle grossi 8 fois. Suffisamment pour voir que le pêcheur a probablement la soixantaine.

Il est seul. Il est concentré sur le flotteur de sa ligne. Entouré d’un matériel assez conséquent. Plusieurs canes à pêche posées sur des supports. Il est assis dans une sorte de chaise longue en toile. Il est vêtu d’un vêtement de camouflage comme en portent les militaires. Je scrute avec attention partout. Il n’y a strictement personne.

Je retire ma culotte. Je tourne mon vélo vers le sentier. Au moindre souci, je n’ai qu’à monter dessus et à filer à toute vitesse dans la légère descente. Je contourne le buisson. Je m’accroupis au bord de l’eau. Je pourrai y tremper la main. Je porte mes larges lunettes noires de soleil. Mes longs cheveux défaits. Parfaitement anonyme.

Je peux donc loucher tout à loisir. Le pêcheur vient de lever les yeux. Il m’aperçoit. Je garde la tête baissée. Je fais semblant de regarder au sol, entre mes pieds. Les cuisses largement écartées, je suis en position « pipi ». Le pêcheur n’est qu’à une cinquantaine de mètres à vol d’oiseau. Je suis prête à déguerpir au moindre risque.

L’inconnu reste confortablement assis dans son transat. Il regarde avec intérêt dans ma direction. Je me concentre. Je veux faire pipi dans l’eau. Je suis rapidement trop excitée, peut-être trop sur mes gardes, car je n’y parviens pas. C’est dommage, j’en ai vraiment une grosse envie. Je reste dans cette position un long moment.

Les fourmis me gagnent. L’ankylose me guette. Le pêcheur ne bouge absolument pas. A présent j’ai relevé la tête. Je le fixe effrontément derrière les verres noirs de mes lunettes. Je suis obligée de me redresser. Je masse mes jambes presque douloureuses. Surtout les mollets. L’homme me fait un signe amical de la main. Coucou.

Je fais de même. Voilà un second personnage qui arrive. Il trimballe du matériel de pêche. Il serre la main à l’homme toujours assis. Je remets ma culotte. Je monte sur ma bicyclette. J’ai une de ces envies de faire pipi. Je m’arrête un peu plus loin. Entre les cabanons de jardin. Je me soulage enfin. Avec une légère frustration.

Balade à bicyclette

Je suis en vélo. Je parcours un de mes itinéraires préférés. Au bas des collines, près du petit lac. Il fait beau. Il fait chaud. Nous sommes à la fin du mois de mai 2018. Je suis en jupette, en T-shirt. J’ai mon petit sac à dos. Je longe les eaux noires qui reflètent un ciel d’un bleu immaculé. J’arrive près du restaurant « Pieds dans l’eau ». C’est un établissement construit sur pilotis. Il y a une terrasse. Plein de monde. Sans doute des randonneurs. Je ne m’arrête pas. J’ai ma bouteille d’eau. Ma pomme.

Je passe près du parking, à environ deux kilomètres du restaurant. Il y a plein de marcheurs. Je suis obligée d’être prudente, de louvoyer. Certains promeneurs me regardent avec un air de reproche. C »est un sentier pédestre et pas une piste cyclable. Je continue mon chemin. Il est presque 16 h. J’arrive au bord de la rivière qui se jette dans le lac. De l’autre côté, il y a un homme qui tient un chien au bout d’une laisse. Il ne m’a pas vu. Il semble téléphoner en marchant. J’ai envie de faire pipi.

Mes tendances exhibitionnistes trouvent là une charmante opportunité d’être vue, d’être regardée, protégée par une rivière profonde et large d’une bonne dizaine de mètres. L’occasion est trop belle. Je m’arrête un peu plus loin. Je m’assure d’être bien seule. Je scrute avec ma petite paire de jumelles. Personne. Je retire ma culotte. Je me mets en position. Là-bas, à environ cent mètres, voilà le quidam et son chien. Je retiens mon souffle. J’essaie de me détendre. Je tente la « normalité ». En souriant.

Il arrive à ma hauteur. Ça y est. Il m’a vu. Il s’arrête. Il m’observe. Une vingtaine de mètres nous séparent. Les eaux de la rivière sont tumultueuses, bruyantes. Il serait tout à fait impossible d’échanger quelques mots. J’ai mes cheveux défaits. Je porte mes larges lunettes noires de soleil. Je suis totalement dissimulée derrière mon parfait anonymat. J’essaie de me lâcher. Je ne suis pas encore trop excitée. Ça devrait aller. Je me sens devenir toute rouge. La sueur me picote le nez et les joues. La honte. Délicieuse…

Impossible de faire mon besoin. Pourtant j’en ai envie. L’inconnu est toujours là, tirant parfois sur la laisse de son chien. Il regarde franchement dans ma direction. Aucune possibilité de traverser la rivière. La situation parfaite. Celle que je recherche et que je préfère. Je reste dans ma position de plus en plus inconfortable. Je sens les fourmis me monter dans les jambes. L’ankylose me gagne. Je me redresse. Frustrée de n’avoir pas fait pipi. Mais je me console, j’ai été regardée. Ce que j’apprécie énormément quand je le décide.

Je monte sur mon vélo. L’homme me fait un signe amical de la main. Je fais pareil. J’accélère et je file pour retourner vers le restaurant. La piste cyclable…

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