55 heures a Paris- Episode 1 _ Par CamilleC

 

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C. a pris deux jours pour aller voir sa mère et sa sœur. Je dois la rejoindre en avion dimanche matin avant que nous ne partions en vacances depuis St Ex. Tout d’abord je me suis juste dit que j’allais avoir deux jours de célibat en ce beau mois d’août. Puis j’ai pensé à toi. Beaucoup trop. Le lundi soir nous avons eu un long dial délicieusement épicé. Je t’ai parlé de jeudi, vendredi et samedi soir. De ma future solitude. Tu ne m’as même pas poussé. Et puis le lendemain, après une nuit presque sans sommeil, j’ai posé sans rien dire à C ma journée du vendredi…La boule au ventre.

Le soir je te l’ai annoncé. Mon TGV arrivera tard jeudi soir. C’est qu’il y a tout de même 5 heures de train. Presque 23H. Presque « notre » heure. Dans seulement 48 heures Maitresse. Et oui je repars dimanche très tôt. L’avion de Paris arrive presque à la même heure que celui par lequel je devais arriver à Lyon. Je pourrai faire « comme si »… Oui ça va faire quelque chose comme 55 heures parisiennes pour moi. Je comprends, oui, tu ne peux pas te permettre de poser ton vendredi. Pas de souci. Je ferai du shopping.

Puis on s’est vite quitté. A partait le lendemain en vacances et c’était votre dernier soir avant longtemps. Bizarrement on n’a presque pas parlé le mercredi, même le soir, tu avais un diner prévu depuis longtemps. Et quand est arrivé le jeudi, que j’ai dit «à dimanche » à C en partant bosser, j’étais plein de doutes. J’en étais à me demander si je n’allais pas tout annuler ou si tu serais vraiment là au rendez-vous à Montparnasse. J’ai quand même pris mes billets et mon sac. Le cœur battant mais sans joie ni espoir.

La journée a filé à toute allure. Et mes doutes n’ont fait que grandir. A peine si nous avons échangé deux mots. Tant de choses à finir avant les vacances. Et toi qui avais du monde. En ligne tu étais presque froide. Comme si je t’ennuyais. J’ai eu peur. J’ai regardé mes billets 20 fois. Je suis parti déprimé vers la gare, faisant déjà des projets si je ne trouvais personne sur le quai. Ton silence a continué tout l’après- midi. A peine si tu as écrit « OK » quand je t’ai envoyé un message pour te dire que mon train démarrait. La boule dans mon ventre semblait grossir à chaque kilomètre. Au bout d’un moment je n’ai plus osé regarder mon téléphone. J’ai fait comme si j’allais juste à Paris. Faire du tourisme. Mais ça n’a pas calmé mon ventre.

Le train était plutôt vide. Quelques parisiens qui rentraient de vacances. Mais un jeudi soir ce n’était pas l’affluence. La nuit est tombée. Mon moral aussi. J’ai pensé à toi comme on pense à une ex, à un songe, à un souvenir. Je regrettais d’être là. Me sentais con. J’ai appelé C. J’ai eu si honte de lui mentir. Cherché un hôtel sur le web. Et les lumières sont revenues, celles des banlieues qu’on traversait. Le train a ralenti. Puis s’est arrêté. Comme un robot je me suis levé. Il faisait chaud, comme il fait chaud en ville. Lourd et humide. Quand j’ai mis le pied sur le quai j’ai cru étouffer.

H1 Jeudi 22H58

Je n’ai même pas cherché ton visage. Suis descendu avec mon petit sac de voyage et me suis dirigé directement vers les lumières de la gare, la sortie. Comme si je fuyais. J’ai remonté un wagon, deux wagons, saoul, fatigué, perdu, en colère contre moi, presque en courant. Et c’est là que j’ai senti cette main me prendre par l’épaule m’arrêter, me retenir. « Mais où tu vas Camille ?!! ».

Je n’avais jamais entendu le son de ta voix. Elle était claire, forte, avec un drôle de petit accent. Je me suis retourné. Me suis évanoui dans tes yeux et ton sourire. Je tremblais. Tu me serrais le bras si fort. J’ai voulu parler mais je n’arrivais pas à sortir un son de ma gorge. Tu étais encore plus grande que je l’imaginais. Et évidemment bien plus belle. Tes bras m’ont tiré vers toi et tu m’as serré fort. Ton corps, le mien, la chaleur de ce soir d’août, sur ce quai tout à coup il faisait mille degrés. J’étais en enfer. Et si heureux de bruler vif.

Puis tu m’as lâché, laissé tomber serait plus exact. Ton regard avait changé. Tu as froncé les sourcils « C’est comme ça que tu t’habilles pour notre rencontre ? Je pensais que tu savais pourquoi tu venais… » . Je bafouille. La réalité de mon statut, doucement construit pendant ces centaines, ces milliers d’heures en ligne, me tombe dessus. Je suis bien devant Ma Maitresse. Elle est là et je suis venu pour passer un nouveau cap dans mon dressage, dans mon lent naufrage dans ce que j’ai découvert en moi : Un univers de vice et de perversité dont je suis un jouet. « Oh… Excuse- moi… je pensais tellement que tu ne serais pas là ». Je suis en mode panique. Si je pouvais je partirais en courant. Mais ton regard, ton regard…

« Allez, tu l’as dit toi-même nous n’avons que 55 heures, on va arranger ça ». Tu me tires par le bras et m’entraine sur le quai vers la gare. Tes talons raisonnent sur le béton, je ne vois pas les regards curieux des passants qui te voient quasi me trainer, m’enlever, j’essaie juste de ne pas tomber et de m’accrocher. Tu m’emportes comme un orage emporte un fétu de paille.

Les gens ont bien dû se demander ce que faisait ce couple sans enfant et pressé à s’engouffrer dans la cabine « change bébé » de la gare. Je manque de m’écraser contre le lavabo tant tu me pousses avec ardeur. « Montre-moi ce qu’il y a là-dedans ». Tu m’arraches mon sac des mains, l’ouvre, fouille. « Enfile ça, et puis ça, pas de caleçon bien sûr, et tu mets ça évidemment ». Tu me tends mon costume noir, ma chemise blanche, ma cravate Vuitton et mon collier, notre collier, ton collier. Pendant que je me deshabille à la hâte, sans réfléchir, tu continues à fouiller. Je te vois récupérer mon rosebud le glisser dans ton sac.

Puis tu prends mes caleçons, les bourres en tas dans la petite poubelle pleine de couches sales de la cabine. « Tu n’as pas besoin de ça d’ici à ton départ ». Tu fais de même avec celui que je portais il y a quelques instants. Puis sans un mot tu me tends mes chaussures anglaises reliques de l’époque où je fréquentais le monde du luxe parisien. Essoufflé je termine ce changement de look express. Je suis en nage.

Je tremble pour accrocher le collier et tu finis par m’aider à le fermer. J’enfile ma chemise, ma cravate qui le cachent. Tu fais un petit temps d’arrêt. Un sourire. Je baisse les yeux. « Regarde- moi ». Je relève un peu la tête. « Allez en route Paris nous attend ». Tu me tires par le bras. Je n’ai que le temps de m’apercevoir une fraction de seconde dans le miroir avant que nous sortions en trombe. En cinq minutes suis passé du vacancier au business man.

Toujours emporté par cette vague qui m’a pris par surprise sur le quai, je me retrouve à côté de toi dans un taxi quelques secondes plus tard. Avons-nous vraiment traversé le hall de la gare ou m’as-tu téléporté là avec tes pouvoirs de sorcière ? Je ne saurais dire. Je n’ai même pas entendu l’adresse que tu as soufflé au chauffeur. La clim à fond de la voiture est comme une bouffée d’air frais.

Je peux enfin mieux te regarder. Tu es superbe en robe rouge. Tes cheveux en chignon, tes jambes blanches, nues, des talons magnifiques, aussi rouges que ta robe. Le décolleté indécent interdit tout soutien-gorge. Tu dégages un charisme encore plus fort que celui que j’avais imaginé. Si je ne l’avais pas déjà perdu tu me couperais le souffle. On entend d’ailleurs que ça dans le taxi, ma respiration désordonnée, paniquée. Tu n’es que contrôle, je ne suis que confusion.

Tu as pris quelques instants pour tapoter sur ton téléphone. Puis tu me regardes. Je baisse les yeux. « Tu es prêt j’espère ! Car tout est prêt et j’espère bien ne pas avoir travaillé pour rien. L’annonce de ta venue à la dernière minute m’a donné beaucoup de taf … Mais tu ne seras pas déçu. » Je n’ose rien répondre. Je regarde les lumières de la ville. Les mains crispées sur mon sac. Pour la première fois depuis que je suis descendu du train je sens poindre l’excitation que je suis venu chercher.

Tu poses ta main sur ma cuisse. J’ai l’impression qu’elle me brule. Tu me souris presque amicale. Puis te penche vers moi et souffle à mon oreille «Je commencerais bien là de suite mais le taxi n’arrête pas de nous reluquer… En tout cas tu es juste comme je t’imaginais. C’est parfait ». Je n’ose ne serais-ce que te regarder. Je tremble de tout mon corps et, déjà, la chaleur envahit mon bas ventre, mon sexe gonfle. Je ne bouge plus. Regard un peu vide. Je suis rouge je le sens. Et je sens aussi que tu es heureuse de la gêne que tu viens de provoquer.

Nous roulons vers le centre. Dans les beaux quartiers de la rive gauche. Le taxi s’arrête devant un bel immeuble haussmanien. « Bienvenue chez moi » dis-tu avant d’ouvrir la porte. Tu paies la note et me prend le bras. Le bruit des talons dans le calme de la nuit. Nous voilà presque seuls. Tu pousses la porte de l’immeuble. Je l’entends se refermer derrière nous. Bruit de métal, de serrure. Je frissonne. Là je ne peux plus reculer.

Le hall est désert. Je te suis. Alors que l’on arrive devant la première marche de l’escalier tu te retournes. Avance vers moi. Je n’ose bouger puis tu me pousses vers le mur. Coincée dos contre la paroi je te regarde. Paniqué. Tu poses ta main sur mon épaule. Fermement. Puis tu m’embrasses à pleine bouche. Après un moment de surprise je te rends le baiser. Ta main libre glisse entre mes jambes. Tu passes ta main sur mon pantalon, flatte mon sexe à travers le tissu. Je bande si fort. Tu retires ta main, lâche mon épaule. Souriante. « Je voulais juste vérifier que tout ça t’excite autant que moi » … « Montons ».

Tu appelles l’ascenseur. Je reste tête baissée, nerveux. J’ai l’impression qu’il prend des heures à arriver. Je n’ose pas te regarder. J’admire tes jambes. La porte s’ouvre. Comme happé par la machine. Je me demande un instant si tu vas vouloir profiter de moi dans l’intimité de ce petit espace. Tu restes immobile. L’ascenseur s’arrête et s’ouvre sur ton palier. Tu me tires par la main. Tu ouvres la porte et elle se referme sur nous avant que j’ai eu le temps de réaliser que j’étais désormais chez toi. Dans ton antre, ton refuge

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