55 heures a Paris. Episode 3 _ Par CamilleC

H3 Vendredi 1h00

« Le White Cellar » a tout l’air d’un bar classique à première vue. Compte tenu du quartier évidemment la clientèle est chic, trendy voir même classe. J’espère ne pas paraître trop vieux ni trop mal fagoté avec mon costume un rien démodé. Je jette un coup d’œil panoramique. Ouf j’ai échappé au piège du donjon BDSM que je craignais tant. Tout a l’air parfaitement normal ici. Nous nous fondons plutôt dans la masse parmi d’autres groupes de jeunes gens en tenue de soirée.

La musique electro n’est pas trop forte, le bar n’est pas bondé mais l’ambiance est plutôt détendue. La jeunesse bourgeoise du quartier semble avoir adopté ce sous-sol à la décoration tendance style scandinave. Ici on est visiblement plus mojito que pression et il y a plus de seaux à champagne que de ballons de rouge sur les petites tables basses de bois clair entourées de petits poufs et mini banquettes.

Tu nous guides vers une petite table au fond du bar. Vous m’entourez. Je n’ose rien dire. Tu commandes du champagne, du rosé. Et nous trinquons. A nous, à toi, à moi. Tu es une hôte charmante. Je suis un peu déconcerté de cette soudaine sérénité chic après l’ouragan de mes deux premières heures parisiennes.
Le répit est de courte durée car tu poses ta main sur ma cuisse sous la table. Fermement. Nos regards se croisent tu sens mon trouble remonter instantanément comme la bosse entre mes cuisses. Quelques secondes plus tard c’est une main de MA qui palpe mon autre cuisse. Piégé ainsi j’essaie de garder mon calme. Les deux mains sont fermes mais caressantes, je sens juste qu’elles sont là pour me remettre la pression, pour m’exciter à nouveau et elles atteignent parfaitement leur objectif.

Ma bite se tend à nouveau très fort et la chaleur envahit tout mon corps. N’arrivant plus guère à m’exprimer je vous laisse bavarder. Vous vous amusez, faisant comme si de rien n’était, parlant de tout et de rien, de rien surtout, juste une manière complice de maîtriser mon désir. Je n’ai qu’une peur, que l’on me voit, que l’on se rende compte que je bande. Je me dis que je ne tiendrai pas longtemps à ce rythme même si vos mains restent juste posées sur mes cuisses. J’étouffe un soupir, je n’arrive plus à me concentrer ni sur votre conversation ni sur l’activité du bar.
Tu laisses ma cuisse un instant pour prendre le fameux petit sac. Tu l’ouvres, fouilles dedans quelques secondes, en ressors le rosebud. Et tu souris. Te penches vers moi. A l’oreille : « Ouvre ta ceinture ma pute ». J’obéis lentement. Ta main plonge dans mon dos, habile sur mes fesses et pousse l’objet en moi. Je manque de crier. MA sert ma cuisse plus fort. Le rosebud est en moi, froid, lourd, je le sens, je n’ose bouger. Tu te penches à nouveau vers moi « Tu vois la blonde au bar là-bas. Tu te lèves maintenant et si dans 5 minutes tu ne l’as pas ramené à notre table on te laisse là et on s’en va ».
Je lève la tête, regarde la femme que tu me désignes. Petite, cheveux très blonds courts presque à la garçonne, elle porte une courte tunique blanche qui lui donne un air de beauté antique. Je comprends pourquoi tu la choisis, elle a un visage d’une finesse exquise, de grands yeux mutins, un corps de fée. Elle semble seule, comme si elle attendait quelqu’un. Elle parle au barman, souriante et à l’aise comme une habituée. Je me lève. Le rosebud se rappelle à moi. Je tremble, tiraillé par l’excitation et la honte. Puis je me mets à marcher vers le bar comme un zombie, me demandant bien ce que je vais pouvoir lui dire. Je me sens moche et vieux, j’ai peur de te décevoir.
J’atteins le comptoir après ce qui me parait avoir duré une heure. J’esquisse un sourire vers elle mais n’ose même pas regarder son visage, risquer de croiser ses yeux. J’ai besoin d’un shot de courage. « Un vodka glacée s’il vous plait » dis-je au barman. Il grimace moqueur « et bien Monsieur, le champagne n’est pas bon ? M sait pourtant le choisir et prends toujours le meilleur… ». « Oh non, c’est juste que j’ai besoin d’un peu d’énergie ».

Le fait que l’on te connaisse ici me met une boule au ventre. Que savent-ils de toi ? Est-ce que tu amènes ici toutes tes conquêtes ? Que doivent- ils penser de ce nouveau, ridé et mal fringué ? Le barman me prépare mon verre puis me le donne souriant tout en me glissant à l’oreille complice. « Je comprends, pour la suivre il en faut de l’énergie ! ». Je manque de faire tomber mon verre. Ma main tremble. Je me sens découvert, exposé.

J’en ai complètement oublié la blonde. Je relève les yeux pour avaler le shot quand je tombe droit dans ses yeux. Elle me regarde, amusée.« Bon… bon… bonsoir » dis-je en bégaillant. Ma gène la fait rire. « Bonsoir ! » Répond-elle en faisant signe de trinquer avec son verre. « Ca fait toujours plaisir de voir de nouvelles têtes ici ! » continue-t-elle, avant d’avaler une bonne gorgée de son cocktail. J’essaie de retrouver un peu de tenue tout en buvant d’un trait ma vodka.

Je repose mon verre vide sur le comptoir. « Merci, je suis Camille. » « Moi c’est Charlotte ». « J’aime bien Charlotte, c’est joli. » « Merci, Camille c’est encore mieux je trouve ! ». Je baisse les yeux. « Si vous le dites. C’est très gentil. » Je me rends compte du tableau que nous formons sans doute depuis ton siège. Moi tout en noir, des chaussures à ma tignasse en passant par mon costume, elle en blanc et blond, aussi lumineuse que je dois paraître sombre.

Je prends mon courage à deux mains et fais un signe de la tête vers toi et MA. « Si vous venez souvent ici vous connaissez peut être mon amie M. Si vous voulez venez à notre table… ». Charlotte regarde dans ta direction. « Oh vous êtes avec la belle M. On s’est croisées dans le passé oui. Je ne veux pas déranger, j’attends des amies. » « Ne vous en faites pas, je suis sure qu’elle sera contente de vous revoir. Vous serez mieux avec nous pour les attendre ». « C’est très gentil à vous ». Elle sourit, le regard rivé vers toi. Pas peu fier de moi, je commence à me diriger vers notre table. Charlotte me suit, son verre à la main.
Je me rassois entre mes deux hôtes, un léger sourire aux lèvres. Tu te lèves pour accueillir Charlotte et vous vous faites la bise comme de vielles copines. « Comment tu vas ? Toujours aussi resplendissante ! » te lance- t- elle. « Ca va très bien et toi, tu connais MA ?! » « Mais bien sûr on a eu l’occasion de se croiser ». Nouvelle paire de bises complices. Je m’enfonce dans mon siège avec le sentiment d’être ridicule et un simple jouet dans vos mains. « Mais assieds- toi avec nous maintenant que tu connais Camille ! » « C’est donc lui dont tu m’avais parlé la semaine dernière ? » « Tout à fait, n’est-il pas charmant ? ». Humilié je regarde les verres sur la table basse espérant que tout cela se termine vite.

« Oui, et pas aussi timide que tu m’avais dit ! Il aborde les inconnues comme un grand ! » . Tu ris à pleine gorge. MA me regarde amusée, elle prend visiblement du plaisir à me voir ainsi rabaissé. Moi qui avais espéré un peu de solidarité de sa part… Charlotte et toi trinquez. « Bon alors tu es des nôtres ce soir Charlotte alors ? On devrait bien s’amuser ! » « Oui comme prévu ». « Il nous manque un dernier élément, sais-tu si nous aurons la joie de le voir ? » « Justement le voilà ».

 

Charlotte se lève en disant cela et fais signe de la main. C’est un homme à l’allure décontracté et qui vient d’entrer dans la pièce qui lui répond souriant. La petite trentaine genre beau brun bien foutu, épaules larges, abdos qui moulent le t-shirt, sourire de jeune premier et un regard vert surprenant. Il se dirige vers nous plein d’assurance. « He Bonsoir les filles, vous êtes toutes en beauté ! » « Comment vas-tu Pierre ? ». Il fait rapidement le tour d’entre vous, bises, sourires, rires.

Puis il me tend la main, une main de joueur de pelote basque, râpeuse et burinée. Une poignée de main franche et amicale. « Toi tu es Camille c’est ça ? » « Oui c’est moi ». Tu souris, ravie de ta petite assemblée. Je ne sais que penser de l’arrivée de ce beau gosse à côté de qui je fais pâle figure. Mais je n’ai pas le temps de trop y réfléchir. « Bien tout le monde est là, nous allons pouvoir commencer » lances-tu à la volée. J’ai l’impression d’être le seul à ne pas savoir ce qu’il va se passer maintenant. Et j’avoue que cela m’inquiète un peu.
Tu as en tout cas l’attention de tout le monde et tous semblent suspendus à tes paroles. Tu te tournes finalement vers moi. « Bien Camille, tu vas aller aux toilettes là… pas pour pisser bien sûr, hein ?! Tu vas voir, il y a des toilettes handicapées entre celles des hommes et de femmes. Tu vas chez les handicapés. Ça t’iras très bien » Rires gras. « Tu ne verrouilles pas la porte, tu ne te déshabilles pas. Tu attends que quelqu’un ouvre la porte. C’est bien compris ? ». Je bafouille un « Oui ».

Je regarde tous les visages. Pierre, MA, Charlotte. Je n’y trouve aucun indice, aucune émotion. Je me lève. Te jette un dernier regard et me dirige vers la porte du fond. J’imagine que vous me regardez. Je suis un peu sous le choc mais sans même le vouloir mon pénis gonfle. Je pousse la porte. Prend une bouffée d’air dans le couloir me sentant enfin loin de vos regards, de vos moqueries. Puis pousse la porte du milieu avec son sigle « Handicapés ». Elle se referme doucement derrière moi. Les toilettes, blanches immaculées, sont au moins assez propres. Je me regarde un instant dans la petite glace au-dessus du lavabo. J’ai l’air d’un déterré. Je me passe un peu d’eau sur le visage. J’attends. Qui va ouvrir cette porte ?

 

A suivre…

Retrouvez les aventures parisiennes de CamilleC ici

On en parle sur le forum ici !

One Comment

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :