55 heures à Paris – Ep 21 _ Par CamilleC

H43,5 Samedi 17H30

Nous reprenons notre balade comme des amis « normaux ». Nous jouons les touristes avec enthousiasme dans la Grande Roue. La vue est magnifique, le soleil brûlant, vous êtes belles, je profite du moment sans arrière-pensée. Quand nous retrouvons le plancher des vaches c’est toi qui finalement me donne le feu vert : « Tu devrais appeler Alexia, elle a assez attendu je crois. Tu vas être notre petit Cendrillon ce soir. On te donne jusque Minuit … On te dira où aller à l’heure fatidique OK ? » Que puis-je répondre d’autre que « Oui, pas de souci » ?

C semble amusée par la petite consigne. Et je la soupçonne aussi d’être très contente de se retrouver seule avec toi. Je m’écarte un peu pour prendre mon téléphone quand tu ajoutes. « Par contre tu oublies pas à ce dont tu dois penser quand tu es avec elle ? ». Je fais oui de la tête sans en rajouter puis je compose son numéro. Elle répond presque immédiatement, sa voix semble heureuse que ce soit moi.

Rendez -vous est vite pris. Elle traîne sur les Champs et me propose de la retrouver du côté la Concorde, juste à côté. Je suis ravi, je ne m’attendais pas à ce que je puisse la voir dans même pas un quart d’heure. Alors je me tourne vers vous sourire aux lèvres.

Je m’approche pour vous faire une petite bise quand tu me retiens par le bras : « Tu oublies quelque chose ! » Tu me tends la coque. « Tu vas aux premières toilettes publiques que tu trouves et tu remets ça. Tu as la clé mais tu ne l’enlèves que devant elle et qu’après m’avoir appelé pour me demander l’autorisation. C’est bien compris ? »

Je te fixe un instant. Me demande si je vais suivre vraiment cet ordre. En fait je sais que oui, que refuser serait un affront et que tu es capable de vérifier auprès d’Alexia plus tard. « Oui c’est compris ». Je vous fais la bise et file vers l’Obélisque.
Je remets mon sexe sous cage comme demandé dans une de ces horribles cabines automatiques qui parsèment nos villes. Cependant, je suis à la fois bien et triste. J’ai terriblement envie de voir Alexia mais vous me manquez déjà. Quelques minutes plus tard j’aperçois sa robe blanche et bleue qui m’attend déjà, comme prévu, au coin de la Place, juste à côté de l’Ambassade Américaine. Quelques sourires, chastes bises et petits mots polis plus tard nous marchons côte à côte sur les larges trottoirs à l’ombre des grands arbres, on se dirige vers le Pont Alexandre III.

Difficile de « repartir à zéro » comme nous nous l’étions promis, les événements de ce midi sont encore dans nos têtes. Nous parlons donc peu, je sens une tension, pas négative ou agressive, mais comme si nos corps, nos âmes se parlaient sans avoir besoin de mots, de gestes. Quelques regards, quelques silences, quelques sourires.

Et puis, alors que nous abordons ce chef d’œuvre un peu pompeux du romantisme à la parisienne, comme si nous entrions dans une pub d’une grande maison du luxe ou le Paris d’opérette d’un film romantique américain, on s’arrête, on se jauge et on finit par s’embrasser à pleines bouches sans une parole, sans un soupir, comme une évidence. J’ai l’impression que ce baiser dure une éternité. Et je ne me souviens pas avoir vu plus beau sourire que le sien juste après.

Je lui prends la main et lui dis simplement : « Et maintenant qu’est-ce qu’on fait ? ». Et elle tout aussi naturellement : « L’amour ? ». Dieu merci pour internet, car les hôtels sont rares dans ce coin de Paris ! Après deux minutes de recherche c’est en courant comme des gamins que nous traversons le Pont, filons à travers l’Esplanade des Invalides, nous engouffrons dans la rue St Dominique pour finir à bout de souffle devant un petit hôtel caché juste là deux rues plus loin.

 

Nous rions, libérés, légers, les yeux grands ouverts et brillants. La réceptionniste ne semble pas plus surprise que cela par notre totale absence de bagages, on doit la changer de ses habituels clients japonais surtout à cette époque de l’année. C’est seulement dans les escaliers chers à Clemenceau que je redescends un peu de mon nuage. « Oh bon sang, cette foutue cage ! ». Alexia perd un instant sa bonne humeur quand elle me voit prendre mon téléphone tout en continuant de gravir les marches.

Essoufflé et un peu honteux en me rendant compte que je ne vous ai quitté que depuis à peine une demie heure je ne prends même pas la peine de te dire quoi que soit d’autre que « M c’est Camille, est ce que j’ai ton autorisation pour que je me libère ? ». Alexia me regarde d’un drôle d’air en haussant les sourcils. A l’autre bout du fil tu réponds en riant : « Mais vous êtes de vraies bêtes en rut ma parole! On est toujours sur le banc où tu nous as laissé ! Allez profites en bien Camille ! Mais pense bien que je vous observe… et tu ne l’enlèves que devant elle !! » . Nous arrivons sur le seuil de la porte de la chambre. Je termine la conversation aussi vite que possible « Oui très bien. Merci. » Pendant que j’ouvre la porte Alexia me demande un peu gênée : « Tout va bien ? » « Oui parfaitement ! ».
A peine à l’intérieur nos corps se soudent à nouveau. Un baiser long et langoureux. Ses mains sont avides et palpent mon dos, mes fesses, voulant déjà aller vers la boucle de ma ceinture. « Attends, il faut quand même que je te dise un truc ! ». Surprise elle se recule. « M, C et moi avons des relations un peu particulières… » « J’ai l’impression en effet, c’est à M que tu viens de parler et je n’ai pas tout compris » « Oui. Elle a une place… très importante dans ma vie et décide de beaucoup de choses… » et tout en défaisant mon pantalon et en montrant ce que je porte sous mon caleçon je continue : « Comme de cela par exemple… ». Alexia reste un instant sans voix, bouche bée.

Je me tiens un peu penaud et sincèrement humilié devant elle. « Ah oui en effet, je ne m’attendais pas à ça… Et tu as ça tout le temps ? » « Quand elle me le demande » « Oh… et donc là pour tout de suite… » « Oh non rassure toi c’est pour cela que je l’ai appelé. » Et je sors la clé de la poche de ma chemise lui la montre en essayant de sourire comme si tout cela était parfaitement normal. Alexia se marre « Avec toi en tout cas on est jamais au bout des surprises ! Il va falloir que tu m’expliques tout ça, mais tout d’abord il y a urgence… » et sans autre forme de procès elle se saisit de la clé, s’accroupit et libère elle-même mon sexe de son entrave métallique qui tombe sur le parquet.
« Oh il va falloir te ranimer toi ! » dit-elle un peu moqueuse. Doucement elle commence à me branler. Puis, quand mon pénis a repris une taille raisonnable elle se met à me lécher, me sucer, là dans le petit couloir de cette chambre d’hôtel. Je bande très vite pris dans le tourbillon des dernières minutes, de notre course dans les rues, dans l’escalier, l’appel vers toi, l’étonnement amusé d’Alexia.

Je pose mes mains dans ses cheveux noirs et si lisses, comme pour lui dire de ne pas aller trop vite. Elle se relève large sourire aux lèvres. « Voilà qui est mieux ». Deux secondes plus tard, je lui ai plus arraché qu’enlevé sa robe et je l’ai poussé vers le lit. Elle tombe en arrière sur le dos avec seulement sa petite culotte blanche. Je n’ai plus que ma chemise et mon désir de la prendre.

Notre première fois est fiévreuse, passionnée et rapide. Nous avons trop faim l’un de l’autre pour faire des détours. Ce n’est qu’en jouissant alors que les yeux d’Alexia se ferment et que sa tête part en arrière que je me rends compte que je n’ai absolument pas pensé à suivre ta consigne. Nous n’étions que tous les deux Alexia et moi pendant ce moment de passion quasi adolescente et malgré le contexte, malgré vos jeux, quasi pure.

Nous avons fait l’amour comme je ne l’avais plus fait depuis le tout début de ma relation avec C. La chaleur d’août retombe subitement sur nous. Nus, nos corps brillants de sueur, foudroyés par la jouissance nous restons immobiles dans le soudain silence de la petite chambre d’hôtel.

 

à suivre…

Retrouve les aventures parisiennes de Camille ici 

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