55 heures à Paris – Ep 18 _ Par CamilleC

H31 Samedi 5h00

Je sors de ma torpeur quand le taxi s’arrête devant chez toi. Je règle la course et sors. Les premières lueurs du jour apparaissent à l’Est. Mon corps me fait mal. De partout. Comme un zombie je tape le code de la porte de l’immeuble, monte dans l’ascenseur, trouve la clé sous le paillasson et pousse ta porte. Tout est silencieux et je marche à tâtons. Dans le salon je vois que le canapé a été préparé pour moi. Je n’ai plus qu’à m’effondrer dessus et essayer de prendre un peu de repos. Je me demande tout de même si vous êtes là. Tout doucement je m’approche de la porte de ta chambre.

Elle n’est pas complètement fermée. La curiosité est trop forte et je regarde dans l’entrebâillement. Une lampe est restée allumée. Sur le lit toi et C êtes endormies. Nues. Corps entremêlés. Belles. Cheveux fous. Un détail retient mon attention : C s’est endormie en portant toujours sur elle le gode ceinture que tu avais utilisé la veille au soir avec nous. Oui c’est bien elle et pas toi qui le porte. Je reste songeur un instant. J’imagine même brièvement la scène. Vos relations changent. Je le sens depuis le restaurant. Je retourne à mon canapé. Me déshabille et ne doit pas mettre plus de 5 minutes pour m’endormir. Exténué.

H36 Samedi 10h00

Le réveil est difficile. Mon dos, mes bras, mes jambes et, il faut bien le dire, mon cul me font un mal de chien. Je suis meurtri et j’imagine couvert de bleus. C’est le soleil qui s’est glissé dans la pièce grâce à un volet mal fermé qui m’a sorti de mon sommeil. Désagréablement, en finissant sa course directement sur mon visage. Je meurs de chaud et la journée s’annonce comme celle d’hier caniculaire et orageuse. Puis, je regarde l’heure et me rend compte un peu affolé qu’Alexia devrait sonner à la porte d’ici deux heures.

Je me lève et fais rapidement le tour de ton appart. Il est vide. Ton lit est fait, deux bols sales sont restés sur la table de la cuisine. Vous êtes sorties. Je profite de ce répit solitaire pour passer un long moment à la salle de bains puis je prends un café et une tartine de beurre, enfile un jean et une chemise grise et range le reste de mes affaires. Sans nouvelles de vous je regarde s’il y a quoi que ce soit que je pourrais servir à Alexia à déjeuner dans ton frigo. Il est quasi vide. Je me prépare à descendre à la recherche d’un supermarché quand j’entends le bruit des clés dans la porte. Vous voilà.
« Ah tu es réveillé ! Quand même ! » Tu as un large sourire. Vous portez des sacs de courses. « Voilà le ravitaillement ! ». Vous vous êtes mis en tenue décontractée et estivale, toutes deux dans des petits shorts kakis à la Lara Croft et des T-shirts colorés habituellement plus vus sur des plages que dans des immeubles bourgeois du 6ème. Et vous posez tout dans la cuisine. Tu reviens au salon suivie de C. « Alors comment va notre petit soumis ? Pas trop mal partout ? J’ai reçu un compte rendu complet et fort flatteur à ton égard ! » Je n’ose rien répondre, les yeux baissés.

« Apparemment nous ne t’avons pas trop manqué finalement ! » continues-tu moqueuse, « Heureusement, NOUS, on pense à toi et à ton petit rendez-vous galant, on a de quoi nourrir un régiment là ! ». Je vous souris. « J’allais justement essayer de trouver quelque chose pour ce midi. Je ne savais pas trop où vous étiez… c’est vraiment sympa de votre part… » . C’est C qui prend le relais : « Oui enfin on a faim nous aussi, et puis si tu crois qu’on va te laisser en amoureux avec ta petite brunette ! ».

Tu ris de bon cœur et finis par déclarer un peu solennelle : « Bien justement, règles du jeu pour ton petit rendez-vous : Pour Alexia, C et moi sommes en couple et tu es juste un ami de passage à Paris. Pour toi, tu vas de ce pas remettre ton petit jouet afin d’éviter que tu ne dérapes. Ensuite, tu ne pourras profiter de cette fille que quand moi ET C en auront profité. Donc il faut que tu comprennes que rien ne se passera si nous ne la séduisons pas. Toi tu n’es que l’appât, le boute-en-train. C’est bien compris ? ».

Je vous regarde grave et froidement. « Oui c’est compris ». Intérieurement je boue, j’ai envie de vous envoyer balader et de filer avec Alexia à l’autre bout de la ville. Mais je sais que je ne le ferai pas. Il faut bien que je l’admette. Que tu reprennes la main ainsi, que tu décides, que tu ais envie de cette fille, que C soit incluse dans ton petit plan est plus excitant que tout ce que je pourrai imaginer en tête à tête avec elle. « Alors si c’est compris, exécution ! »

 

H38 Samedi 12h00

A trois on peut dire que l’on est efficace. En à peine une heure nous avons préparé un joli petit déjeuner estival, salades, poisson mariné, charcuterie, vin rosé au frais, avalanche de fruits du primeur du quartier, glaces au congel. La table est mise avec goût, l’apéro est prêt sur une petite desserte que l’on a poussé sur ton balcon. Nous n’avons pas reparlé des règles et consignes. J’ai juste remis la coque métallique autour de mon sexe.

Vous vous êtes servies des verres de rosé et vous guettez l’arrivée d’Alexia accoudées à la rambarde. Votre complicité ne m’est jamais apparue aussi évidente. Là vous allez être crédibles comme « couple » pour Alexia c’est sûr ! Je suis en train de déboucher une bouteille de vin quand je vous entends exulter : « La voilà ! Ouah elle a sorti la petite robe ! » lance C. Comme deux midinettes qui verraient leur star préférée vous sautillez d’excitation en lui faisant de grands signes de la main. Je n’ose même pas vous rejoindre pour la voir, j’espère juste que vous n’allez pas la faire fuir.

L’interphone sonne. Je réponds. « Oui c’est Alexia c’est bien ici ? » « Oui je t’ouvre ». Quelques secondes plus tard je l’accueille sur le palier de deux bises bien chastes. Elle a une petite robe d’été blanche avec des petits motifs floraux bleus. Ravissante. Vous l’accueillez à votre tour avec enthousiasme. C est donc officiellement ta copine pour notre invitée. Je la sens un peu gênée par vos rires et votre présence un peu envahissante. Finalement on se retrouve tous les quatre à trinquer sur le balcon.
Je perds vite la main et vous menez tambour battant la conversation. Vous la bombardez de questions. Sa vie, sa sœur que tu connais un peu, ses vacances, ses visites dans Paris, ses projets pour les prochains jours, ses amours aussi. Elle est de bonne composition, polie sans se dévoiler trop. Parfois elle me jette des coups d’œil un peu interrogateurs. Elle ne pensait visiblement pas tomber dans ce piège.

Toi et C semblaient prendre un malin plaisir à la déstabiliser. Vous êtes collées l’une à l’autre, petit baiser ici, petite caresse là. Vous m’avez complètement éclipsé et je deviens malgré moi un simple observateur que tout le monde oublie. En tout cas, vous captez  son attention et elle m’adresse de moins en moins de regards, à moins que cela soit l’effet des verres de rosé. Je viens d’ouvrir une troisième bouteille !

Quand finalement nous passons à table, ce sont trois paires d’yeux brillants et rieurs qui m’entourent. Alexia a l’air désormais détendue et n’hésite pas à elle aussi vous poser des questions. De plus en plus personnelles. Je vous entends inventer au fur et à mesure l’histoire de votre couple, votre rencontre, votre vie commune. On dirait presque que vous avez répété à l’avance. Vous l’avez peut être fait d’ailleurs. C semble y prendre beaucoup de plaisir.

Je n’essaie même plus d’intervenir dans la discussion. Assises côte à côte vous ne vous gênez pas pour prendre des attitudes provocantes. Quand tu ne caresses pas le bras de C c’est elle qui a sa main posée sur ta cuisse. Alexia n’en perd pas une goutte, hypnotisée par votre petit manège. C’est toi qui es en face d’elle. Je me demande si tu n’as pas déjà commencé à lui faire du pied… Les plats sont vite avalés. Je sers le café, comme j’ai servi quasi seul tous le repas. J’ai posé les 5 bouteilles vides de rosé sur le plan de travail de la cuisine. Vous riez, toutes les trois, saoules et, je le sens, excitées. Je me demande si je ne ferai pas mieux de simplement vous laisser…

 

A suivre…

Retrouve les aventures de Camille ici

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :