55 heures à Paris – Ep 17 _ Par CamilleC

H27.5 Samedi 01H30

Je suis déçu. Depuis que je suis arrivé, tu sembles me fuir ou en tout cas ne pas faire plus attention à moi que cela. J’ai l’impression que C est en train de me voler ce week-end et ça me fait mal. Pierre avec son habituelle bienveillance me tape sur l’épaule. « Ne t’en fait pas. C’est M. Il ne faut pas penser qu’elle te délaisse. Elle voudrait être présente pour tout le monde mais elle est si demandée, et elle ne sait pas dire non ». J’acquiesce de la tête. Le remercie pour son soutien.

Et nous nous dirigeons vers l’entrée de la boite. Pierre y a ses entrées et les videurs ne font pas trop d’histoire pour laisser entrer deux hommes seuls. Et puis nous sommes en août, la boite n’est pas bondée. A peine le sas passé ton ami m’attrape par le bras : « Tu vois » me dit- il en me montrant son téléphone, « elle ne t’oublie pas, elle vient de m’envoyer des consignes te concernant depuis son taxi ». Je souris. Cette preuve de ton intérêt pour moi me met du baume au cœur.
Sans être trépidante l’ambiance est plutôt sympathique dans ce club. Je me dis que cela fait très longtemps que je ne suis pas venu dans ce genre d’endroit, et encore plus sans C. La clientèle est plutôt variée, tout comme la musique ; ni trop branchée ni trop vulgaire, jeune mais pas trop, aisée mais pas « bourge ». Je suis Pierre jusqu’au vaste bar et nous commandons des mojitos. Cet incorrigible séducteur a l’air d’un gamin dans un magasin de jouets, ses yeux brillants s’attardant sur les plus jolis spécimens présents de la gente féminine.

Je ne me sens pas vraiment à ma place et me demande si au final je ne suis pas devenu une espèce de boulet que vous vous refilez. Je me sens vieux, loin d’être séduisant et mon incapacité chronique à aligner deux pas sur une piste de danse me fait craindre le pire pour cette nuit qui s’annonce longue. Pierre est pourtant particulièrement tolérant avec moi et ne semble pas pressé de partir en chasse.

On parle autant que le niveau sonore nous le permet, on sourit, complices, devant quelques superbes jeunes femmes qui passent près de nous et on enchaîne les cocktails. Un peu trop vite d’ailleurs vu l’effet qu’ils ont sur mon crane. Au troisième verre je commence à avoir la tête qui tourne et à moins comprendre ce que Pierre me dit. Je ne saisi pas vraiment ce qu’il est en train de se passer. Jusqu’à ce que subitement tout se trouble et que je perde complètement pied.

 

H29 Samedi 3H00

Où suis-je ? Je sors doucement de ma torpeur. J’ai très mal à la tête. J’ouvre les yeux. Tout est silencieux. Je suis sur un lit, couché sur le ventre, nu, le sexe libre, attaché solidement par les bras à deux anneaux fixés juste au-dessus de la petite tête de lit en bois exotique. Je ne reconnais pas cette chambre. Ce n’est pas chez toi. Je comprends lentement que Pierre m’a drogué et que je suis tombé dans un piège.

J’ai peur. Je tire sur les liens qui me laissent très peu de liberté de mouvement. Impossible de m’en défaire. Plusieurs minutes passent. Aucun bruit, juste ce fond sonore des bruits de la ville. Il fait nuit dehors, un petit réveil est sur la table de chevet de gauche. Il indique 3H00. Je ne vois que la moitié de la pièce. Je n’arrive pas à me retourner assez pour voir le reste de la chambre qui semble assez vaste.

Le lit très large, les draps épais, les meubles de style que je peux voir me donnent une impression de luxe. Moulures au plafond, plancher ancien, menuiserie de la fenêtre très classique, on est dans un appartement au décor très parisien. Je reste ainsi immobile quelques minutes quand j’entends la porte derrière moi s’ouvrir. Puis une voix masculine : « Il est réveillé ! ».

J’entends alors des pas vers moi et une silhouette tout de noir vêtue pose un téléphone sur la table de nuit. Je n’ai pas le temps de voir son visage. Du téléphone sort ta voix. Un message enregistré que tu récites quasi comme une leçon, d’un ton sans émotion, sans chaleur: « Camille, tout d’abord tu excuseras Pierre pour le vilain tour qu’il t’a joué. Il a suivi mes instructions et il doit avoir déjà rejoint ses amies du club à cette heure. Mais il a en tout cas la gentillesse de nous prêter son appartement pour cette petite séance spéciale.»

«Il y a plusieurs personnes qui attendaient ton réveil. Des amis. Qui vont s’occuper de toi. Te dresser et me montrer si tu es bien le petit soumis que tu me « vends » depuis des mois et des mois. On ne joue plus là. Enfin tu as tout de même encore une chance de tout arrêter et nous prouver que tu n’es qu’un petit fantasmeur sans intérêt. Après ce message tu pourras prononcer le « safeword » d’hier soir et dans ce cas tu seras libéré et on te donnera un billet pour que tu puisses prendre le premier train pour chez toi demain matin. Par contre, si comme je l’espère tu ne prononces pas ce mot, tu vas devoir subir les envies de mes amis. Voilà. A toi de jouer, ou pas. »

J’écoute attentivement. Mon mal de tête ne se dissipe pas. Quelques secondes de silence. Puis la voix de C beaucoup plus détendue, presque moqueuse: « Coucou mon petit Camille, j’espère que tu t’amuses autant que moi ! Je pense qu’il serait dommage que tu prennes ce train demain matin. Parce que moi je n’ai pas l’intention de rentrer de suite à la maison ! Allez à plus tard, bisous aux copains de M ! ». Le message s’arrête là. La même silhouette vient reprendre le portable.

Puis il se penche vers moi. Je me rends compte qu’il porte une cagoule. Il me dit à l’oreille d’une voix ferme : « Si tu as quelque chose à dire c’est maintenant. » J’avoue hésiter quelques secondes. Je suis mort de peur. Mais j’ai aussi très peur de te décevoir, de te perdre. « Non je n’ai rien à dire » dis-je sans conviction. « Très bien petite pute. ».
Ils sont trois. Je reste attaché et bloqué sur le ventre pendant tout le temps que cela dure. Et avec le réveil juste là je sais exactement combien de temps cela dure : 48 minutes. Il y en a toujours un pour bien me tenir. Ils sont forts. Costauds. Difficile de les reconnaître. Trois cagoules noires, trois T shirts noirs, trois jeans, trois queues grosses et dures. Souvent j’en ai une dans la bouche pendant qu’ils me sodomisent.

Je repense aux séances que tu m’as fait subir. Ces soirs où je t’obéissais et où tu me demandais de me mettre tous ces objets. « Pour t’agrandir » tu disais, pour « te préparer ». Mais rien ne m’avait vraiment préparé à ça, pas même Pierre hier soir. Je subis, je souffre, j’ai mal. J’ai les larmes aux yeux. Ils ne disent pas un mot. Chacun leur tour ils finissent par jouir en moi. Je pense à toi. J’espère que tu comprendras ainsi à quel point je suis corps et âme à toi.

Quand le dernier se retire il détache mes mains. Je reste à bout de souffle allongé sur le lit, j’ai juste enfin ramené mes bras vers mon corps. Ils me font mal tant j’ai tiré dessus, tant j’ai essayé de m’accrocher. La porte s’est refermée. Puis quelques instants plus tard j’entends une autre porte claquer. Ils ont dû quitter l’appartement. Je me relève. Et je me sens si sale. Je titube un peu.

Près de la porte de la chambre, pliés sur une chaise, mes vêtements. Et une petite note griffonnée à la main : « Le code de la porte AB456. La clé sera sous le paillasson. Je laisse ce qu’il te faut pour le taxi.» Un billet de 50 euros est plié sur la feuille de papier. Comme un robot je sors de la pièce, je finis par trouver la salle de bains. Je reste sous la douche un bon moment. J’ai mal de partout et la migraine semble empirer à chaque minute.

Puis je me rhabille lentement. Ton jouet a été range dans la poche de la veste. Je quitte l’appartement de Pierre plongé dans le silence. Dehors il fait frais. Je ne reconnais pas le quartier. D’après la première plaque de rue que je vois je suis dans le XVIème. L’aube n’est pas encore là. Finalement j’arrive à faire arrêter un taxi qui passe. Je m’effondre sur le siège, épuisé. Je lui donne ton adresse et je m’endors quasi immédiatement.

 

à suivre …

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Merci aux Gourmands pour la photo.

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