Shadow

55 heures à Paris – Ep 15 _ Par CamilleC

H 24.5 Vendredi 22H30

Ta connaissance incomparable des lieux à la fois sympas et à la mode de Paris est encore à l’œuvre quand quelques minutes plus tard nous nous retrouvons sur une terrasse sur le toit d’un immeuble chic du 8ème. Un café a été installé là et en cette nuit d’août rafraîchie par l’orage de tout à l’heure nous ne pouvions espérer meilleur « spot ». De plus il n’y a pas encore foule et nous pouvons parler tranquillement dans un calme relatif.

C’est d’ailleurs la première réflexion que je me fais quand je découvre ce lieu : « Elle veut que l’on parle avant que l’on aille où elle veut nous emmener. » J’ai l’impression que cette étape n’était pas forcément prévue dans ton petit programme. Si tu voulais parler tu pouvais le faire au restaurant… Ce serait donc ton rendez-vous improvisé avec C qui serait la cause de cette halte ? Chacun un verre à la main nous regardons debout la ville qui s’étale devant nous.
Tu brises le silence d’une voix un peu solennelle : « Camille, avant que nous profitions un peu de cette nuit parisienne, et à la demande de C, je me dois de te dire que nous allons quelque peu modifier nos règles du jeu ». Je me tourne vers C, surpris, mais son visage reste de marbre. « Comme toi hier, C a signé en arrivant un peu plus tôt un engagement concernant son obéissance à mes désirs. Comme pour toi cet engagement concerne aussi les personnes que je vous désigne comme devant être obéies ».

Ne sachant pas où tu veux en venir je te laisse continuer sans un mot. « Tout à l’heure C m’a fait une demande et j’ai décidé de l’accepter. Je la libère de son engagement et par contre te demande de lui obéir tout autant qu’à moi pendant le reste de votre séjour. » Je m’attendais à tout sauf à cela et je reste bouche bée. Quelques secondes de silence, qui semblent durer des minutes, plus tard, tu insistes : « C’est bien compris Camille ?! ».

Je bafouille un « Oui » à peine audible et essaie de sonder sans succès le visage décidément impassible de ma compagne. « Très bien. De toute façon tu n’as pas le choix. Tu dois nous considérer comme des égales, qui décident pour toi de la suite de ce week-end. A ce sujet, j’ai donc aussi libéré C de sa ceinture et je lui ai confié les clés de ta cage ». Tu sembles soulagée d’avoir fait cette annonce, cela t’a coûté.

C reste muette, les yeux rivés sur le panorama, comme si cette conversation ne la concernait pas. Les pensées se bousculent dans ma tête et j’ai du mal à bien comprendre ce qu’il se passe mais je trouve tout de même le courage et l’aplomb pour poser une question : «Ce changement tu l’avais prévu Maîtresse ? ». Ton « Non » est abrupt et semble mettre un point final à la conversation.

Tu te retournes et à l’image de C scrute le paysage le visage fermé. Je bois une bonne gorgée du cocktail que j’ai à la main pour me remettre les idées en place. Puis après un court instant où chacun semble être plongé dans ses pensées tu te redresses soudainement souriante. « Bien, après ce petit intermède méditatif si nous passions à la suite ?! ». C acquiesce et termine son verre d’une traite comme si elle était pressée de partir.

« Allez en route ! ». Nous quittons la terrasse, j’échange un regard avec C. Elle a dû sentir à quel point je suis désorienté et pour me mettre un peu plus la tête sous l’eau elle me rend un regard pétillant, sûre d’elle et presque euphorique. Si j’en avais la force je hurlerais « au secours » à l’attention des autres clients du bar. C’est seulement quand la porte d’un nouveau taxi se referme sur nous que, je crois, je comprends à quel point je suis à votre merci. Et j’en frissonne. De peur ou d’excitation ? Je ne saurais dire.

 

H 25.5 Vendredi 23h30

Nous arrivons devant cet immeuble à la limite du 16ème et du 17ème. Un immeuble classique, très parisien, une rue calme. C’est ici que nous devons rejoindre une petite fête d’anniversaire chez des amis à toi. Tu nous as dit que Pierre serait surement là mais que MA et Charlotte avaient d’autres projets. Interphone, ascenseur, sonnette et nous voilà parmi une bonne vingtaine de personnes serrées dans cet appart d’à peine 80 m2.

C, comme toi, n’avaient guère été bavardes depuis que nous avons quitté le bar et je ne suis pas mécontent de me retrouver dans une atmosphère plus détendue et légère. Tu nous présentes enjouée à une foule de gens sympathiques dont j’oublie les prénoms au fur et à mesure que tu m’en annonces d’autres. Le buffet regorge de boissons et victuailles, les filles sont jeunes et jolies, les hommes cordiaux et avenants, la musique choisie avec goût, je passe ainsi un bon moment à apprécier tes amis très « Parisiens CSP + ».

Je me dis finalement que C et moi-même si nous sommes sans doute parmi les plus âgés et les moins fortunés de l’assistance ne dépareillons pas trop dans le tableau. J’avoue te perdre un peu de vue, tout comme C d’ailleurs. Je discute avec nos hôtes, Marine et Jean, que, semble-t-il, tu connais via un de tes ex, lui-même parti apparemment en vacances, un couple plutôt charmant.

Ce sont les 30 ans de Marine ce soir et pour l’occasion elle nous gratifie d’une tenue renversante, une robe rouge aussi courte que décolletée qui met en valeurs ses belles formes. Elle pourrait illustrer le terme « petite blonde piquante » dans « l’Encyclopédie des stéréotypes féminins » s’il y avait un livre de ce genre à publier. Nous échangeons quelques banalités et, forcément, parlons un peu de toi.

Je vous croise du regard, toutes les deux côte à côte, verre à la main, dos à un mur, on dirait que vous papotez sur les gens qui passent devant vous. Tu as le visage grave et C semble te souffler quelques confidences à l’oreille. Est ce sur moi ? Sur cette journée ? Sur vos relations ?Ou encore sur un des tes amis qui est à son goût ?

Je décide de vous laisser tranquille et continue de papillonner de groupe en groupe, un peu grisé par l’alcool, les jupes courtes et les moments que nous venons de vivre. Je croise Pierre qui vient d’arriver. Ne lui parle pas des derniers événements même si je sens qu’il aurait envie que je lui raconte. Il semble connaitre tout le monde ici et rejoint d’autres amis qui fument sur le balcon.
C’est là que je l’ai vu. Bizarrement esseulée, toute menue, dans un mini short en jean et un t-shirt blanc tout simple. Enfin ce n’est pas elle que j’ai vu d’abord mais ses immenses yeux bleus qui avec son visage d’enfant si blanc et ses cheveux noir de jais lui donnent un air de clown triste. Mais un clown que j’ai eu instantanément envie de prendre dans mes bras.

Elle semblait s’ennuyer dans le coin du buffet quasi enfouie dans une plante verte. Je lui ai souris et ai simplement dit « Bonsoir moi c’est Camille ». Sa voix, grave, presque masculine, ne cadrait pas du tout avec son allure enfantine. « Alexia » m’a-t-elle répondu en me tendant la joue pour que je lui fasse la bise.

Mon cœur battait la chamade, comme celui d’un ado. J’ai pensé que je devais avoir l’air ridicule. J’ai regardé autour de nous. Ni toi ni C n’étaient dans la pièce. J’ai soufflé de soulagement. Et j’ai commencé à lui parler. Et tout ce dont je me souviens c’est que j’étais bien et que ça a duré longtemps.

 

à suivre…

Retrouve les épisodes de cette virée parisienne ici

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