55 heures a Paris- Ep. 12 _ Par CamilleC

H20.5 Vendredi 18H30

Notre petit groupe a été calme sur le chemin du retour et j’ai senti C assez gênée à mes côtés. Je connais cette impression, quand après être allé un peu plus loin que ce que l’on avait pensé être acceptable, on est tiraillé entre la honte et la fascination pour cet autre soi que l’on vient de découvrir. Suis-je un monstre ? Mais pourtant qu’est- ce que c’était bon…

Je préfère donc la laisser réfléchir seule et le reste de la compagnie s’est un peu rendormie bien aidée en cela par la chaleur maintenant lourde et désagréable. Des nuages d’orage apparaissent à l’Ouest, ils ont déjà englouti le soleil et l’ambiance a bien changé depuis que nous sommes partis il y a à peine deux heures.
Quand nous arrivons à ton appartement tu es déjà rentrée. Tu es rayonnante dans un tailleur marine de working girl dont tu as enlevé la veste. Le chemisier, cintré à souhait, est blanc légèrement cassé de rose. Tu as pour l’instant gardé tes magnifiques talons hauts de marque, tout aussi marins que ta jupe.

« Vous voilà mauvaise troupe ! Et bien il semble que je ne vous manque pas tant que ça ! ». Tu brandis ton portable pour nous faire comprendre que tu n’as rien loupé de notre petite balade. Ton sourire est franc, ton ton sans ironie ni moquerie. MA, notre espiègle GO, claque la porte d’entrée derrière elle en s’exclamant : « Les invités de Madame sont de retour. Mission accomplie. »

Tu hausses les épaules et hoche la tête amusée par ton petit soldat préféré. « Merci très chère MA. » Charlotte et Pierre restent dans ton hall et comme d’habitude j’ai l’impression qu’il n’y a que moi qui ne sois pas au courant de la suite des événements. « Je vous libère tous les trois. En tout cas pour quelques heures. Je vous tiens au courant bien sûr. Je vous revaudrais tout ce que vous avez fait pour nos invités aujourd’hui. Vraiment merci. »

Pierre et Charlotte te regardent d’un air presque tendre. Je me rends compte de la force de votre amitié qui dépasse largement les petits amusements sensuels des dernières heures. Tu continues : «Nous avons, je crois, besoin de faire un petit peu le point, juste nous trois… », tu nous regardes avec un sourire complice, « … Mais on se retrouve sans aucun doute avant que ces deux-là ne repartent vers leur Sweet Home. MA, Pierre, pouvez- vous par contre me confier les clés des petits jouets que portent C et Camille ? ».

Ils te rendent les deux petites clés dorés et tu les ranges dans un tiroir du grand buffet. MA, Charlotte et Pierre nous saluent, bises et franches poignées de mains amicales. Pierre me tape sur l’épaule comme un vieux pote de lycée, les filles minaudent entre elles. Puis la porte se referme derrière eux. Nous voilà seuls avec toi. Chez toi.
Tu te débarrasses de tes talons juste avant de asseoir dans le fauteuil club. «Et bien mettez-vous à l’aise ! Asseyez-vous ! ». Tu nous désignes le canapé. Tu as ouvert les fenêtres mais cela n’a pas rafraîchi l’atmosphère. Pas une brise, le calme lourd d’avant la pluie, dehors il fait de plus en plus sombre. Je me rends compte que je n’ai pas été seul avec toi depuis la gare et me demande si c’est aussi le cas pour C.

Nous n’osons pas parler pendant que tu pianotes sur ton téléphone portable avant semble-t-il de le couper. Puis tu te redresses et nous dévisages. « Alors, ce début de week-end vous convient ? Mes surprises vous ont plu ? ». J’hésite à prendre la parole et c’est C qui se lance. « Oui M, au-delà de mes espérances. » « J’en suis heureuse, mais j’avoue ne pas être étonnée. Tu savais mieux que Camille ce qu’il allait se passer ici. Même si je pense que tu as eu quelques émotions imprévues ! ».

C baisse la tête, rougissante, un sourire en coin. « Mais toi Camille ? Mon cher soumis, comment tu vis ça ? ». Je te regarde, inspire comme pour prendre mon élan. Puis finis par ouvrir la bouche : «Je ne sais pas vraiment M, je n’ai pas eu le temps de vraiment me rendre compte. Je suis dans un tourbillon depuis hier soir et je ne maîtrise rien. Je te découvre, je rencontre tes amis et je re-découvre C. Ça fait beaucoup ! »

« Oui je sais. Mais hier tu n’as pas dit le safeword. Et aujourd’hui tu t’es très bien conduit j’ai trouvé. J’ai l’impression que tu ne regrettes pas d’avoir pris ce train, non ? » « Non, c’est vrai.» Je jette un œil vers C qui m’envoie un regard un rien moqueur mais aussi complice. Je lui prends la main qui était posée jusque-là entre nous sur le canapé, la serre légèrement.

« Bien, très bien. C’est vrai que tu n’avais aucune idée ni de la nature profonde de ta compagne, ni de ses motivations quand tu l’as vu hier soir au club. Alors que C toi tu savais quasi déjà tout de ma relation avec Camille. Alors on va te mettre sur un pied d’égalité avec ta chère et tendre : C, je te l’ai dit, a commencé à discuter avec moi quand elle a découvert notre relation.

Après le choc initial et après que j’ai évité à ton couple de s’effondrer, nous avons commencé à parler, non plus de toi mais d’elle. Et j’ai découvert la C que tu ne voyais pas, que tu ne devinais pas. Toi qui parfois culpabilise de nos excès virtuels, tu ignores à quel point ta compagne, depuis tant d’années, est en fait tout aussi délurée que toi. Enfin aussi, ce n’est pas vraiment exact hein mais chère C ? Je crois que tu as montré aujourd’hui à ton homme que tu es sans doute bien plus perverse que lui. »

 

Ton intonation de voix a subitement changé. Maîtresse M est là. C a lâché ma main et te regarde en se mordillant nerveusement les lèvres. Tu continues : « Je ne sais pas ce que vous vous êtes dit tout à l’heure mais il semble que, comme je l’avais prédit à C, tu as accepté cet état de fait : Votre couple prend un nouveau départ. Tourné vers le plaisir de C. » « Oui, tu avais raison M, Camille l’a bien compris je crois » ajoute C en me fixant. Je fais un signe de la tête pour vous indiquer que c’est bien ce qui est en train de se passer.

Tu reprends la parole. «Pour ce nouveau couple que vous allez désormais former, je vais être disons comme une Marraine, une Bonne fée, ou une Mauvaise si vous préférez ! J’ai de la tendresse pour vous, et je dois bien l’avouer je prends beaucoup de plaisir à vous guider, vous transformer. Et vous êtes tous les deux de très bons élèves et des personnes attachantes. Vous faites partie de mes amis et Camille, sache le, même si je t’ai caché tout ce temps ma relation avec C j’ai toujours été sincère avec toi dans nos discussions, tant amicales que sensuelles. »

« Je te crois M ». « Donc, il est en quelque sorte de mon devoir, avant de vous laisser vous envoler vers, je l’espère, de longues années de bonheur délicieusement décadentes chez vous, que je vous montre durant le temps dont nous disposons d’ici à dimanche matin, tout ce qui s’ouvre devant vous et je pense que cela peut être une belle expérience pour nous tous ici présents ».

Tu souris, assez fière de ta petite tirade. « Vous êtes partants ? ». « Je crois oui » réponds, amusée, C. « OK oui. » dis-je à mon tour la voix un peu plus hésitante et il faut bien le dire émue. « Alors c’est parfait ».Tu te lèves. « Dans ce cas, Camille, déshabille-toi ». Au loin, on entend le premier grondement du tonnerre. Avec C nous nous regardons à la fois excités et un peu effrayés.

Puis, mécaniquement, je te regarde dans les yeux et commence à me défaire lentement de mes vêtements. J’essaie de garder mon calme mais ton silence, celui de C et vos regards ne font que rendre un peu plus l’atmosphère irrespirable.

 

à suivre…

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One Comment

  • Seb5184

    Lecture très agréable. On arrive à se plonger dedans et à ressentir l’atmosphère qui règne dans la pièce !!! La fin nous laisse en haleine et impatient de découvrir la suite. Très belle photo également !!! Continue ainsi….

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