Une Maison Pour 4 – Ep 10 _ Par CamilleC

Episode #10

Ce qui me frappe tout de suite c’est que Max ne parle pas à Alexia, il regarde la caméra et ne s’adresse qu’à toi. «Alors Margot ? Tu te souviens Genève ? Cela fait combien de temps ? 7 ans ? ». Tu ne réponds rien. Ni au micro ni par message. Puis il continue, sans vraiment prêter attention à Alex, il la tire par les bras, remet les menottes, raccroche la chaîne au crochet du plafond. Sans aucune tendresse, comme si elle était une poupée quelconque.

Son attention est à la caméra, vers toi. « Tu étais encore jeune et innocente. Comme celle-ci. Tu as bien changé à ce que l’on m’a dit. Et tu n’as pas résisté. Petite pute. Dès que je suis sorti tu m’as appelé. Ça ne m’a pas surpris mais je ne pensais pas que tu avais été une aussi bonne élève ». Silence à l’autre bout de la ligne. Il donne une petite claque sur les fesses d’Alexia. Rien de bien méchant mais sur les cicatrices toutes récentes j’imagine que cela a dû l’électriser.

« A Genève, la première fois nous étions trois aussi mais il y avait ta copine, celle qui nous t’avait amené sur un plateau d’argent. Mais au final cela ne changera rien, à la place de son strap, Alexia aura droit à une vraie bite. »

 

J’ai du mal à croire ce que j’entends. T’imaginer avec ce motard tatoué, attachée, soumise, je reste bouchée bée. Alexia est dans la même position que tout à l’heure mais à la place de la badine elle s’apprête à subir les assauts de ces trois hommes. Tous par derrière, chacun leur tour, la sodomise debout.

D’abord Léo, un peu gauche, un peu brusque, puis Tony et son sexe si puissant. Alexia gémit, hurle et je crois, joui une première fois. Puis Max qui la prend comme une brute en la tirant par les cheveux, en lui mordant les épaules, en lui malaxant les seins. Et surtout sans un mot pour elle. C’est à toi qu’il continue de s’adresser pendant qu’il la prend.

«Ça t’excite de revoir ma belle bite hein Margot ? Je suis sûr que tu mouilles là. Peut-être même que tu te touches là ou que tu as demandé à ta copine Carine de te lécher ». Il s’arrête un instant et se branle devant la caméra tenue par Tony. « Regarde, elle t’a manqué ? ». Puis il reprend, accélérant. Alex dont je ne vois que le dos, tire sur la chaîne, elle hurle, je sens qu’il lui fait mal mais aussi qu’elle est excitée par la situation.

« Elle est moins serrée que tu ne l’étais à l’époque. Toi tu étais encore si fraîche. Mais déjà tu aimais ça. Tu as aimé ce jour- là, plus que tu ne l’a jamais avoué. ». Puis il donne un dernier coup de rein puissant. Alex crie. Ils s’immobilisent. Il râle. Puis se retire. Regarde la caméra droit dans les yeux « Alors ça t’a plu ? Tu as joui ? ». Pas un mot. Puis quelques secondes plus tard sans un message, sans un avertissement, vous coupez la liaison. Je reste là devant l’écran ne comprenant pas vraiment ce à quoi je viens d’assister. Des retrouvailles semble-t-il. De drôles de retrouvailles.

 

Trois ou quatre minutes plus tard la porte s’ouvre. Alexia porte à nouveau la nuisette de ce matin. Tony lui tend un peignoir qu’elle enfile. Elle tremble, les yeux exorbités, sous le choc. Tout le monde sort. Max me dit, d’un air calme : « Ce fut parfait. Ramène ta copine chez vous. ». Je prends Alexia sous mon épaule, elle me tient la main. Me souffle un « ça va, ça va ne t’en fait pas ». Elle a l’air un peu perdue. Je regarde Max, j’acquiesce de la tête et nous quittons l’appartement. Jusqu’à la voiture nous restons silencieux. Alex me serre juste la main un peu plus fort que d’habitude. Je démarre, et nous prenons la route de la maison.

 

Journal d’Alexia

Margot, ce fut un moment très particulier. Cette impression quand ce fut le tour de Max que je n’étais qu’un objet entre vous, entre lui et toi… Cette impression de n’être vraiment rien d’autre qu’un objet. Ils furent rares les moments où j’ai pu ressentir cela, pour ainsi dire, jamais. Du reste qu’étais- je pour eux ? Pour toi ? Pour Camille ? Un morceau de viande attaché à un crochet de boucher.

Dans ces moments-là, si forts si durs il m’arrivait de déconnecter du mal que je ressentais et dans ma chair et dans ma tête pour penser, comprendre, ou pas. J’ai la nette impression que je n’étais que l’instrument dont se servait Max pour rappeler à ta mémoire qu’il avait le contrôle de tout, et sans doute également sur une partie de ta vie. C’est moi qui ai fait le lien entre lui et toi.

A quoi on servit les deux autres alors ? Je crois que la douleur que je ressentais m’a empêché d’avoir un discernement sur ce moment. En fait, tout se mélangeait dans mon esprit. La question la plus importante que je me suis posée était bien refoulée au fond de moi un peu comme si je refusais qu’elle remonte à la surface, pour l’empêcher de me mettre devant mes propres contradictions.

Et pourtant, elle est là cette question, pressante, urgente et sans doute révélatrice. Pourquoi ai-je éprouvé tant de plaisir à ces assauts subis durement ? Quant à avoir la réponse, ça c’était une autre chose. Je crois même que je refoule la réponse qui également, est au creux de moi, au creux de mon ventre, de mon sexe, de mon cul !

Heureusement il y avait Camille. Nous ne nous connaissons pas depuis longtemps et pourtant je me sens comme en sécurité auprès de lui. Je lui ai serré la main si fort après cet épisode difficile, que la marque de mes ongles doit être imprégnée sur sa propre main.

J’aurais voulu me scotcher à lui, ne plus jamais me séparer du contact de sa personne. J’avais envie de m’allonger, de me coucher d’oublier cette horrible pensée maintenant ancrée en moi. Oui j’avais pris du plaisir alors que je n’étais qu’un objet, qu’une chose. Qui m’aime dans ce monde ?

 

L’après-midi est déjà bien avancé quand nous arrivons à la maison. Pas de franc comité d’accueil. Carine est avachie sur le canapé, regarde la télé. Elle nous sourit, regarde Alexia avec une certaine insistance, cherchant visiblement à décrypter son humeur. Quand à toi « tu travailles dans ton bureau ». Consignes de ne pas te déranger.

Quand finalement tu nous rejoins il est presque l’heure de dîner. Tu as l’air ailleurs, dans tes pensées, un air sombre que je ne t’ai quasi jamais vu porter. La soirée est calme, bien trop calme pour un samedi soir. Quand nous allons nous coucher pas un mot sur le début de journée n’a été prononcé. J’ai du mal à trouver le sommeil. Je regarde Alexia, paisiblement endormie à mes côtés. Je repense à tout à l’heure et surtout, surtout, aux paroles de Max. Il va bien falloir que tu nous en dises plus…

 

à suivre…

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