Une Maison Pour 4 – Ep 9 _ Par CamilleC

Episode #9

Je ne la vois que de dos, mais de voir cette forme que je connais si bien trembler, me fait moi-même avoir la même réaction. Combien de coups y aura-t-il ? Je ne sais si c’est décidé en amont, je ne sais si ce viking a déjà décidé ou s’il va se laisser porter par la douleur qu’Alexia va ressentir ? Je ne sais rien et de ne rien savoir quelque part, m’excite.

C’est douloureux la badine, je me doute ce n’est pas une certitude mais je le devine. L’écran montre à nouveau le viking lever le bras pour asséner un second coup sur les fesses d’Alexia. Je crois percevoir la morsure du bois sur sa peau. Elle a tremblé un peu plus.

Un troisième coup s’abat sur sa peau, sur ses fesses que j’ai si souvent frôlées, touché, pétri en leur voulant toujours du bien. Là lorsque la badine s’abattit dessus, je su que les premières larmes venaient de rouler sur ses joues. Je ne la voyais que de dos mais c’est comme si je devinais l’autre côté.

Le quatrième coup fut plus sec et donc plus douloureux encore. Les bras tendus vers le haut, attachée, le corps offert, et ses tremblements qui secouent maintenant plus fortement son si joli corps.

 

J’en ai compté dix. Dix coups de badine sur des fesses maintenant striées, marquées, maintenant presque cicatrices boursouflées. Le type pose sa badine et dit « Tony vient filmer son côté pile ». Le caméraman improvisé s’avança vers Alexia et passa devant elle. Sur l’écran apparu Alexia, les yeux rougis, une larme coulant doucement sur ses joues. Tony nous découvre le visage de la souffrance offerte.

 

Très chère Margot,

Comme tu me l’as demandé après ce week end, tu trouveras ici le compte rendu de ce qu’il s’est passé hors du champ de la webcam, après que Carine et toi aient choisi de me laisser seule avec Tony et ses deux amis.

 

Quand j’ai entendu Max, le grand tatoué barbu qui dirigeait en fait la manœuvre, dire que vous aviez coupé car vous vouliez leur laisser toute liberté pour s’occuper de moi j’ai eu très peur. Jusque-là, malgré les coups, malgré leur brutalité, je vous savez présentes et je me disais que si ils allaient un peu trop loin vous interviendriez.

Mais là, me retrouver isolée, sans savoir où j’étais, sans vraiment connaître ces trois hommes, j’ai failli paniquer. Je pense que Max l’a senti. Alors que j’étais à bout de souffle pendu par les bras, le corps brûlant des coups qu’il venait de me donner, il m’a doucement libéré des menottes. J’ai failli m’évanouir et il m’a retenu, presque tendrement. Puis il m’a laissé m’effondrer sur le canapé.

Puis sans un mot il a fait comprendre aux deux autres qu’ils devaient sortir de la pièce et une fois qu’ils furent dehors, il m’a juste dit « reprend un peu tes esprits » et a quitté à son tour le salon dont la seule fenêtre était fermée par un gros rideau métallique. J’ai entendu une clé dans la serrure de la porte et j’ai su qu’il m’enfermait là pour l’instant. J’étais nue, pas trace de la nuisette que je portais quand ils ont débarqué à la maison.

J’ai soudain pensé au code, « Botticelli », ça m’a rassuré, même si je n’étais pas sûre qu’ils le respecteraient si je décidais de le prononcer. Je me suis endormie, j’avais mal de partout, je me sentais sale, mais j’avais surtout besoin d’un peu de repos.

Durant mon sommeil j’ai cru rêver de peinture, de siècle aux milles lumières, celles des toiles qui célébraient les fêtes, les joies et peines. Rêve, cauchemar ? Je ne savais. Je me sentais agitée et lorsque mes yeux s’ouvrirent, je sentis des gouttes de sueur sur mon front. Aurais-je de la fièvre ? serais- je malade ? Aujourd’hui, dans ce lieu, non ce n’était pas çà, juste une certaine angoisse.

Soudain le petit bruit distinct d’une clé dans une serrure. On venait d’ouvrir la porte. La pièce sombre s’éclaira un peu et dans le halo j’ai reconnu Camille. Plus tard il m’a raconté qu’après m’avoir vu frappée par Max il t’avait supplié de lui dire où j’étais et qu’il avait foncé jusqu’à l’appartement où j’étais avec Max et ses amis. Là, à mon réveil, Il vint vers moi, me prit la main.

Je ne sus pourquoi mais en plus de la sueur je sentis deux larmes rouler sur mes joues. Camille me dit alors « tu n’as qu’un mot à prononcer, dit le, je t’en conjure, dit le ». Je le regardais, mes lèvres commençaient à bouger mais aucun son ne sorti de ma bouche. Ce mot, je le connaissais par cœur, tout le monde le connaissait. C’est à se demander si les voisins de l’appartement ne le connaissaient pas non plus.

Et pourtant, je ne pus le prononcer. Pourquoi ? Dans ma vie qui n’est pourtant pas si longue, j’ai vécu déjà tellement de choses mais ce que je vivais-là était unique, et qui pouvait le vivre ? Peut-être est- ce pour ça que je ne prononçais pas le safe word. Camille me regardait, caressait mes cheveux, me souriait. « J’ai tout vu quand tu as subis ces coups ».

Ma seule réplique fut « Comment m’as-tu trouvé ?» sur un ton léger, presque apaisé maintenant. Camille ne sut que répondre tout d’abord puis je l’entendis murmurer « Tu as été sublime, si belle si belle, si sublime » sur un ton presque triste mais qui ne laissait pas douter de sa sincérité. J’avais donc été sublime. Pourquoi ai-je ressenti comme une certaine fierté à ces mots ? Sans doute est-ce pour cela que je ne prononcerai pas, « Botticelli ».

Camille m’a souri « Tu es sure ? Vraiment ? Je suis venu pour que tu me le dises, que je sois sur que tu acceptais tout ça parfaitement lucide.» « Oui, je suis sûre. » Ai-je répondu doucement. Alors il est sorti. Je crois que la suite vous l’avez vu sur la webcam…

2

Quand je sors de la pièce j’ai la tête qui tourne, trop de sentiments contradictoires qui se bousculent en moi. De la peur, pour elle, pour nous, de la honte, de l’avoir emmené jusque-là, mais aussi, il faut bien l’avouer, de l’impatience de connaitre la suite et de l’excitation.

Max me regarde sortir souriant, les yeux brillants, un rien arrogant. Tony a la cam dans la main, prêt à se lancer, à rejoindre Alexia. Le troisième, qu’on vient de me présenter comme Léo m’observe d’un regard en coin. Max me montre une chaise, un PC portable allumé sur la table de la cuisine. « Vu que tu es là, installe toi et profite du spectacle ». Sans autre considération les trois hommes entrent dans le salon l’un derrière l’autre. Tony ferme la marche, caméra allumée. Je les suis du regard puis m’assois et j’assiste à la suite seul dans cette cuisine sombre d’un appart inconnu. Enfin pas vraiment seul… je vois sur l’écran que toi et Carine êtes bien en ligne.

à suivre ….

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