Sous un pont _ Par JF Boudoul

J’avais un fantasme, de petite bourgeoise parisienne sûrement, mais voilà il fallait que je me retrouve salie dans la rue. Un endroit underground, crade ou pas crade, dans un coin de rue, sous un pont, un métro à 2h du mat pourquoi pas. J’en avais assez d’être où tout est dit, tout est fait, acquis, tout n’est plus que morale et convention. Je ne voulais pas d’un hôtel, pas d’une forêt. Non je voulais un lieu où les jeunes refont le monde avec des bières des clopes et des paquets de chips.

Un endroit abandonné, tagué, où il y a en même temps de l’espoir et pas d’espoir, un endroit où rien n’est construit, où tout est à faire, sans autorité ni morale, un endroit où les jeunes ont faim et je voulais être leur bout de viande pour leur montrer qu’il y a en ce monde de quoi manger. La nourriture consistait en une bonne paire de nichons, une chatte étroite, épilée complet et un cul qui se laisse docilement pénétrer, tout comme la chatte d’ailleurs.
C’est ainsi qu’un soir d’été je me suis faite emmener par un Maître et une Maîtresse, les yeux bandés et menottée… Je n’étais vêtue que de hauts-talons, de sous-vêtements et d’un collier, j’espérais être assez sexy… Et beaucoup de rouge à lèvres, j’avais choisi le plus rouge, celui qui faisait le plus salope. Je l’avoue, je ne cessais d’imaginer une ou des queues bien dures se glisser à l’intérieur de ma bouche. J’étais recroquevillée dans le coffre d’une voiture, ils m’y avaient jeté comme une chienne.

Qui allais-je rencontrer ? Des rockeurs ? Des skateurs ? Ces petits gars qui tombent et qui se relèvent. J’avais envie qu’ils aient eu une enfance difficile, qu’ils en aient chié dans leur vie, qu’ils aient volé, gratté la terre avec leur main, pensé à braquer une banque ou une bijouterie.

Et moi j’avais envie d’être là comme un jouet éphémère en attendant qu’ils réalisent leur projet, j’avais envie qu’ils me soufflent leur haleine de bière et de tabac au visage, j’avais envie de me mettre à genoux « C’est qui celle là, elle est bonne ». Il fallait que je les entende, que je les sente me frôler, tourner autour de moi comme les mâles qu’ils étaient dans l’idée de me prendre comme une chienne.

Et en même temps j’avais bien sûr une certaine dose d’appréhension… Voilà quelles étaient mes pensées lorsque la voiture s’arrêta. J’entendis le coffre s’ouvrir, je sentis une main me saisir fermement les cheveux :
– Lève toi chienne.
Voilà, j’y étais… le Maître m’a poussé… J’ai failli trébucher comme une sotte, les menottes me firent mal aux poignets. J’étais sur des pavés, je le sentais, et ça descendait.
Inutile de dire qu’avec tout cela j’étais déjà bien à point comme bout de viande. Mais aussi bien mouillée, enfin comme souvent je me sentais entre l’incendie et l’inondation. J’entendais des voitures qui roulaient vite et qui semblaient passer au dessus de moi. Je me suis retrouvé sur un sol dur, qui m’a semblé être du béton, c’est le moment qu’a choisi la Maîtresse pour découvrir l’un de mes nichons en tirant mon soutif et le coinçant dessous…

Alors tout en mouillant ma culotte j’ai commencé à entendre des mecs parler. En fait je crois que j’étais sous un pont d’autoroute car leurs voix résonnaient et il devait aussi y avoir un canal puisque le Maître a dit :
– Attache cette chienne à cette bite d’amarrage.
Mon collier était muni d’une boucle pour me mettre en laisse et me tirer par le cou. J’ai entendu un caillou tomber dans l’eau. C’est bête, mais je me suis demandé à qui appartenait la chaussure qui venait de le pousser. Qui serait le premier, le plus entreprenant pour me peloter et me prendre comme il se devait ?

Le verrai-je, ou aurais-je toujours les yeux bandés, les mains derrière le dos ? J’ai dû me mettre à genoux, me laisser docilement manipuler par la Maîtresse, attacher… Puis elle a découvert l’autre nichon en tirant mon soutif et je sentis l’élastique les mettre bien en valeur. Voila, comme on retire une cloche, le repas était prêt… Régalez-vous mes agneaux…

 

Facebook JF Boudoul et mon premier roman, Irina

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