Une Maison pour 4 – Ep 7 _ Par CamilleC

Episode #7

Notre vie à quatre. Journal. Samedi 22 octobre 2016. Jour 8

Avec tes nouvelles activités, nos boulots respectifs, après la soirée de lundi le reste de la semaine a été beaucoup plus calme. Tu rentres, comme moi, assez tard le soir. Alexia se donne à fond pour percer.

Je sais que le soir, tard, vous ne faites pas que lire en haut, et avec Alexia nous aimons nous endormir dans les bras de l’autre après un petit câlin tendre ou passionné selon l’envie du jour. Mais nous n’avons pas revu Tony et tu ne nous a rien demandé pendant cette semaine.

Hier soir avant de s’endormir Alex, qui n’est pas dupe comme d’habitude, m’a tout de même murmuré : « Ce calme avant la tempête m’intrigue. Elles ne nous ont même pas parlé de quoi que ce soit pour ce week-end. »

Je n’ai pas su quoi lui répondre. Mais j’ai secrètement espéré qu’elle ait raison et que vous alliez souffler un ouragan sur notre fin de semaine. Je ne pensais par contre pas que nous serions si vite dans l’œil du cyclone…

 

Il n’est pas sept heures quand je suis réveillé en sursaut. La lumière s’est allumée d’un coup et j’ai tout de suite senti la force des mains, celle qui me plaquait sur le lit et l’autre sur ma bouche m’empêchant de crier.

Le solide gaillard cagoulé qui est au-dessus de moi immobilise aussi mes jambes de sa masse, à demi allongé sur moi. J’arrive à peine à tourner un peu la tête pour voir l’autre type, tout aussi masqué, qui soulève comme si elle n’était qu’une plume Alexia, en petite nuisette, qui essaie de résister maladroitement en se débattant et en donnant des coups de poings désordonnés.

 

Il l’immobilise en quelques secondes, lui passe des menottes dans le dos et la pose sur son épaule comme un sac de patates. Il lui bourre un foulard noir dans la bouche pour la faire taire et s’éloigne déjà sans un mot.

L’autre me tient sans que j’arrive à bouger ne serait-ce d’un centimètre. Puis quand il entend la porte d’entrée s’ouvrir à nouveau, il me regarde souriant. «Ton petit ange est déjà parti, n’essaie pas de la rattraper ».

Puis il me fait une clé de bras, m’oblige à me retourner et me passe lui aussi des menottes dans le dos. Il me laisse ainsi sur le ventre et s’enfuit en claquant la porte. J’ai beau aller le plus vite possible pour rouvrir la porte les mains bloquées dans le dos et courir jusqu’à la porte d’entrée je ne fais qu’apercevoir une voiture noire s’éloigner.

Essoufflé et sous le choc je tombe sur Carine quand je me retourne pour essayer de trouver un moyen de me libérer. Elle est en pyjama, un large sourire aux lèvres et tient des petites clés qu’elle agite devant moi : « C’est ça que tu cherches ? ». Humilié je la laisse me défaire de mes liens.

 

« Désolée pour le côté spectaculaire de la chose » me dit-elle en reposant clés et menottes sur la table du salon. « C’est surtout pour impressionner Alexia que j’ai demandé à Tony et à son pote cette petite mise en scène. »

Je le fusille du regard, furieux. « Allez calme-toi et regarde. » Elle allume l’écran du PC et se connecte à son skype. Quelques secondes plus tard nous voyons Alexia, toujours en nuisette, mains dans le dos, foulard dans la bouche et bandeau sur les yeux assise sur la banquette arrière d’une voiture.

Ils sont déjà presque à la bretelle pour prendre l’autoroute d’après le paysage que je vois défiler derrière elle. Une voix se fait entendre, ce n’est pas Tony. « Comme vous pouvez le voir tout va bien ».

Carine qui a coupé le micro, réponds par écrit « Parfait, nous vous suivons en direct comme prévu ». Elle se retourne vers moi : « Alors ? Rassuré ? ». Je hoche la tête excédé et énervé, comme d’habitude vous avez parfaitement prémédité votre coup et je ne peux qu’observer votre plan en action.

Tu descends l’escalier habillée d’un simple grand t-shirt et t’assois à côté de Carine les yeux fixés sur l’écran. « Bonjour vous deux, je vois que tout se passe bien ici. ». La voiture rentre sur l’autoroute en direction du Nord.

Le mec reprend la parole « Bien on vous rappelle quand on est arrivés à tout à l’heure ». Il coupe la liaison. Vous me regardez. Carine ironique : « Bon comme tu l’as compris ça va être journée télé-canapé ! En tout cas pour nous mais je suis sure que tu vas vouloir aussi regarder le programme que l’on a choisi ».

 

Une demi-heure plus tard, je sors de la douche encore sous le choc, vous vous êtes habillées et vous avez installé le PC sur la table de la salle à manger. Vous prenez votre petit dej en attendant que la retransmission reprenne.

Je me sers une tasse de café quand j’entends le petit bruit caractéristique d’un appel Skype. Vous montez le son, Carine rapproche l’écran vers vous. L’image apparaît. Ils sont dans un appartement, qui semble on ne peut plus banal.

Alexia est toujours bâillonnée, bandeau sur les yeux mais elle est nue et ses menottes sont maintenant placées devant elle. Elle est assise sur un canapé. On ne voit qu’elle.

Carine tape « Tout va bien ? Tout se passe comme prévu ? ». Réponse cette fois par écrit « Oui, aucun souci, nous sommes à bon port et elle a été docile ». Carine continue sur le clavier : « Pouvez-vous lui enlever son bâillon nous aimerions l’entendre ? ».

 

On voit une main noire apparaître au niveau du visage d’Alex et on entend : « Je libère ta bouche mais si tu cries gare à la punition ! ». On lui retire, elle ne dit, rien, ne proteste pas. Carine ouvre le micro du PC :

– « Alexia tu m’entends ? »

– « Oui. »

– « Margot et moi te voyons là, tu es filmée. »

– « Je m’en doutais ».

Carine sourit mais semble surprise de l’aplomb d’Alex. C’est toi qui prends la parole :

– « Cela ne m’étonne pas, tu es une fille intelligente et pleine de ressources. »

– « Merci Margot. »

– « Nous allons laisser tes ravisseurs s’amuser un peu avec toi. Il se peut que nous intervenions si nous en avons l’envie mais sache que nous te regardons. Ne nous déçois-pas. »

– « Je n’ai pas l’intention de le faire Margot ».

– « Est-ce que Camille t’a déjà parlé de « Boticelli » ? »

– « Tu ne parles pas du peintre n’est-ce pas ? » Tu souris.

– « Non en effet ».

– « Oui il m’a raconté. »

-« Bien, si tu le souhaites tu peux donc utiliser ce code à tout moment. »

-« Oui Margot, c’est bien compris ».

-« Sois franche, que ressens-tu à ce moment précis ? »Alexia semble prendre son temps pour répondre. D’un ton toujours très calme.

– « De l’impatience, Margot. «

– « Bien. Je n’en attendais pas moins de toi. Tu es comme toujours parfaite très chère Alexia. Je te laisse donc à tes ravisseurs. Mais nous gardons un œil sur toi bien sûr. ».

Tu coupes le micro. Carine reste les yeux fixés sur Alexia. Elle semble impressionnée par son sang-froid. Je ne peux manquer d’être à la fois fier d’elle et aussi, très excité. « Impatient » comme elle vient de le dire.

à suivre…

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