Une Maison Pour 4 – Ep 11 _ Par CamilleC

Notre vie à quatre. Journal. Dimanche 23 octobre 2016. Jour 9

Le petit déjeuner est servi et je mange tranquillement avec Alexia quand vous descendez toutes les deux. Vous vous installez à table. Tout est assez calme jusqu’à ce que tu brises le silence. « Bien, je vous dois des explications par rapport à Max ».

Alexia et Carine sortent de leur torpeur et te regardent maintenant avec attention. Je comprends que tu n’as même pas donné de détails à Carine hier pendant que nous étions là-bas.

«A la fin de mes études, quand je me suis installée à Paris. J’ai eu une amante, qui avait 10 ans de plus que moi. Elle m’a initié à pas mal de choses. Je n’avais que très peu d’expérience. Elle avait beaucoup d’ascendant sur moi. Un jour elle m’a dit que l’on allait voir un de ses amis à Genève. Je savais qu’on y allait plus ou moins pour du sexe et j’étais incapable de lui refuser quoi que ce soit. Sauf qu’au final elle m’a offert à Max et à un autre gars. Cela s’est passé pratiquement comme hier pour Alexia. Je lui en ai voulu de m’avoir ainsi piégé et on a rompu peu de temps après.

Mais Max… Max est très intelligent et il ressent beaucoup les choses. Il avait compris, mieux qu’elle, mieux que moi-même qu’au fond de moi j’avais adoré perdre tout contrôle ce jour-là. Alors il a obtenu mon numéro auprès de mon ex et quelques semaines plus tard il m’a contacté. Il savait que j’accepterais de le revoir. Et nous sommes devenus amants. Enfin pas de manière classique. Il a été mon maître. Pendant presque un an. Il m’a fait découvrir ma vraie nature. » Personne ne bouge dans la pièce. Nous sommes suspendus à tes lèvres.

 

Tu reprends : «Ce fut une période un peu folle, mais je crois nécessaire pour moi. Puis un jour Max n’est pas venu à notre rendez-vous. Il avait été arrêté. Il me l’avait caché mais il faisait du trafic, en tous genres, entre France et Suisse. Et il a pris 10 ans et il est sorti il y a deux mois après 6 ans de prison. Je venais juste de faire votre connaissance, Carine était à la maison, je savais où l’appeler, je n’ai pas su résister.

J’avais envie de lui raconter, de lui montrer, comment j’avais changé, comment la graine qu’il avait semé en moi avait grandi et germé. Comment j’étais devenue comme lui une dom. On ne s’est pas vu, il avait beaucoup à faire mais on s’est parlé régulièrement. Je lui ai parlé de notre projet, de vous. Ça l’a fait rire au début. Mais plus je lui ai parlé d’Alexia, de Carine plus il a été intrigué et il a insisté pour vous rencontrer. Alors j’ai craqué, après tout ce temps je me rends compte que je n’arrive toujours pas à lui refuser ce qu’il veut.

Et il est descendu pour le week-end avec un pote, Léo, un gars qu’il connait de la prison à ce qu’il m’a dit. C’est lui qui a eu l’idée du faux enlèvement et j’ai pensé que ce serait sympa. Tony a tout de suite été emballé pour les accueillir et prêter son appart. Mais je ne pensais pas qu’il utiliserait tout ça comme il l’a fait. Pour m’humilier, comme autrefois ».

Je ne t’ai jamais senti aussi tendue, émue, fragile. Ta voix est hésitante. Aucun d’entre nous n’ose parler ou faire le moindre geste.

 

« Je l’ai appelé hier après votre retour, pendant que j’étais seule dans mon bureau. Il insiste pour que l’on se voit aujourd’hui. Nous tous. Je ne lui ai rien promis. Je voulais savoir ce que vous en pensiez. »

Carine sourit. Elle est troublée mais son imagination, je le sais, travaille déjà. « Ben oui, pourquoi pas ?! » lance-t-elle provoquante. Je regarde Alexia, je te regarde. Tu regardes Alexia. Mon regard retourne vers Alex. Alors, tu dis exactement ce que j’allais dire : « Alex, c’est à toi de décider, je comprendrai que tu n’aies pas envie de le revoir. »…

 

Journal d’Alexia :

Margot, je voudrais que tu saches comme cela a été compliqué tout à l’heure quand tu m’as posé cette question… « Le revoir ? »  Quelle question tu me posais là ? Le revoir et subir de nouveaux assauts contre moi, contre mon cul. Même me parlant à moi-même je n’avais d’autre vocabulaire tellement je me suis sentie salie et souillée. Toujours également en moi, cette façon d’être et cette terrible question à laquelle je n’ai toujours pas trouvé de réponse.

Pourquoi ai-je éprouvé du plaisir ? Et si c’était ça la clé du problème. Peut -être qu’une fois sur place, j’allais avoir la réponse à mon excitation. Alors j’ai regardé Camille cherchant une aide dans ses yeux. Il avait l’air dans le vague tout en étant là.

En fait il regardait sa « légitime », sa compagne de vie, sa compagne d’amour. Il regardait Carine. Il devait se demander pourquoi elle avait répondu aussi vite « pourquoi pas ? ». Moi aussi je me demandais la même chose mais je ne la connais pas assez pour savoir ce qui trotte dans sa tête.

Et toi Margot, tu semblais si empathique aujourd’hui. Tu pensais à moi, à ce que j’avais subit et au fait que tu étais prête à me redonner à cet homme qui avait tellement d’emprise sur toi mais en fait, sur tout le monde. Carine se rendait compte de tout ça mais acceptait comme si ça devait toucher Camille, et lui ? Lui pauvre Camille embringué dans tout ça.

L’avais-t-il voulu réellement ? Subissait-il ? En était il excité lui aussi ? Une ou mille questions, je me perdais dans mes solutions non trouvées. Une seule phrase est sortie de ma bouche, je la sentais venir, je la sens là, si près : « Oui on y va tous ». A peine l’avais-je prononcé que je me suis demandée si je n’allais pas le regretter.

Le passé de Max n’était pas fait pour nous rassurer quelque part. Truand et pourquoi pas égorgeur, que sais-je ?… Oui nous irions tous à ce rendez-vous que nous avait lancé Max. Margot, si j’avais dit non ? Que se-serait- il passé pour toi. Après tout, tu ne le satisfaisais pas et il en aurait été peut être contrarié ?

Encore des questions qui resteront sans réponse puisque ma décision avait été prise. «On y va tous ». Quelque part je me demande si je n’avais pas pris emprise sur tout le monde avec ma décision.

Le ton de ma voix était sans appel. Carine qui avait quasiment dit oui, la première, était un peu scotchée. Puis, Camille tout pareil et toi Margot, tu ouvrais des yeux énormes. Je n’avais d’ailleurs pas remarqué à quel point ils étaient si beaux. Margot, toi, ton âme, ton cœur, ton regard, tes yeux, ton corps. Margot.

 

à suivre…

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