Une Maison pour 4 – Ep 3 _ Par CamilleC

Chez nous, 14 Octobre 2016.19H00

Nous y sommes demain tu seras là. Nous avons vidé la pièce du haut qui te servira de bureau. J’espère que tu apprécieras la jolie vue sur la montagne et le jardin. Je suis passé aussi à ton local dans le centre de Biarritz, tout est prêt. Ils ont installé internet et le téléphone hier.

Alexia en deux semaines a bien pris ses marques et son bureau, qui a quasi la même vue que le tien car c’est la pièce juste à côté, se remplit de projets, d’échantillons et de dessins. Elle s’est achetée une petite mini d’occasion et elle va de rendez-vous en rendez-vous depuis son arrivée. Elle est radieuse.

C’est peut être moi qui ai le plus de mal à m’adapter. Changer de chambre, bouger mes affaires, c’est un peu comme si j’avais moi-même changé de maison. Mais je ne vais pas me plaindre, retrouver un corps contre lequel se blottir la nuit est plus qu’agréable, vu que nous faisions chambre à part avec Carine depuis notre retour.

Carine elle, je le sens, compte les jours, les heures avant que tu n’arrives. Mais tu dois le savoir, elle ne quitte jamais son téléphone et je pense passe beaucoup de temps à t’envoyer des messages.

Le soir, quasi tous les soirs, elle se défait de sa frustration sur nous, ce qui n’est pas forcément pour nous déplaire. Surtout Alexia qui m’étonne chaque jour tant elle se révèle être une soumise aussi naturelle que docile. Même si elle ne m’en a parlé je suis sûr qu’elle aussi est très pressée de te retrouver.

 

J’espère que de ton côté tu as hâte et es heureuse de nous rejoindre. Il semble que pour ton travail la transition se fasse pour le mieux. Nous nous parlons moins ces derniers temps.

Je ne vais pas être jaloux de Carine bien sûr et je comprends que tu ais tant de choses à régler à Paris avant de partir mais oui d’une certaine manière tu me manques. A bien y réfléchir je suis même persuadé que de nous trois c’est encore moi qui t’attend avec le plus d’impatience !

 

Notre vie à quatre. Journal. 15 octobre 2016. Premier jour

Ce journal Margot, je ne t’en ai pas parlé. Je ne sais pas si tu le liras un jour mais j’ai décidé, à partir d’aujourd’hui, jour de ton installation ici, de te l’écrire, comme mon témoignage de ce que nous allons vivre.

Tu es arrivée ce matin à l’aéroport. Carine est allée te chercher pendant que je réceptionnais le petit camion de déménagement qui est arrivé pile à l’heure sur le coup des 9 heures. Le chauffeur de son propre aveu était fort surpris par ce que nous avons déchargé.

Pas le moindre meuble en dehors de ton beau secrétaire mais des cartons et des cartons de fringues, disques et livres. Quelques bibelots anciens et surtout une véritable pépinière de plantes qui l’a rendu nerveux tout au long du trajet.

J’ai compté une trentaine de pots de toutes tailles et contenant autant de variétés de végétaux en tous genres. La terrasse en est maintenant remplie, tout comme ton bureau. Pas de dégâts apparents, cela aurait été dommage.

Si pour les disques et les livres nous n’aurons pas trop de soucis, même si Carine va surement râler car entre les tiens et les miens les étagères vont être bien fournies, pour ta gigantesque garde-robes nous allons devoir trouver une solution !

Je sens venir la pression de Carine pour que nous installions, enfin que je construise, au-dessus du garage la mezzanine dont elle me parle depuis que nous sommes ici… Il fallait bien que je m’y attende, avec maintenant 3 femmes à la maison je vais devoir assurer côté petits travaux !

Enfin bon, pour revenir à nos moutons, vous n’étiez pas encore rentrées que le camion était déjà reparti. Alexia qui avait observé tout ça de loin a sorti la tête de son bureau quand la porte s’est ouverte. Je vous attendais au salon.

Tu es entrée pleine d’assurance, tout sourire, cheveux détachés, dans un petit short décontracté et un polo cintré. Te voir là, dans notre maison, dans mon univers, j’avoue que cela m’a fait un véritable choc.

J’ai eu beau me préparer à ça depuis de semaines, j’ai pris la réalité, ta présence, là, dans ce couloir en pleine face. Tout ça est donc vrai. Tu viens vivre ici. Toi Margot ma Maitresse.

Je t’ai pris dans mes bras, ou plutôt tu m’as prise dans les tiens. On a ris, Carine juste derrière toi semblait jubiler. Alexia comme une petite souris a montré le bout de son joli nez du haut des escaliers, timide, n’osant pas tout à fait descendre nous rejoindre.

Puis, elle est arrivée et tu l’as prise dans tes bras comme une mère prend sa fille après une longue absence, tu l’as soulevé du sol et vous avez fait ensemble un tour complet sur vous-même dans un grand éclat de joie.

Mes yeux se sont remplis de larmes et vous avez toutes les trois ries de de moi. J’ai essayé de me reprendre et on s’est installés sur la terrasse. J’ai sorti le champagne du frigo, Carine les verres du placard, Alexia les chips du garage et tu t’es laissée servir comme une reine.

Nous avons ensuite déjeuné dans une douce euphorie, le temps était avec nous, il faisait beau et chaud, l’été indien était basque. Pendant le repas tous les regards, nos 3 paires d’yeux étaient rivés sur toi.

Les yeux brillaient, l’alcool aidant mais surtout cette longue attente des dernières semaines. Tu étais étonnement détendue, comme si tu étais déjà chez toi. C’est quand on a bu le café que l’ambiance s’est doucement chargée.

Les rires se sont fait moins francs, les mains se sont faites moins sûres d’elles, déjà un peu tremblantes. Les regards se sont fait plus fixes, plus lents, celui-ci traînant sur tes jambes, celui-là perdu sur tes lèvres, cet autre juste ailleurs, dans des pensées plus tout à fait innocentes.

Alexia a bafouillé, perdu le fil d’une conversation, Carine a renversé un peu de café sur la table. Nous savions tous les 4 que rien n’était prévu pour l’après-midi et que deux longs mois s’étaient écoulés depuis le White Cellar…

à suivre…

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