Une Maison pour 4 – Ep 28 _ Par CamilleC

Journal d’Alexia 30 Octobre

Je suis réveillée depuis un petit moment. J’ai entendu Camille rentrer et j’aurais pu aller le voir lui demander comment tout s’était passé. Non, j’ai préféré qu’il me croit encore endormie. La peur sans doute. Les questions je me les pose depuis son départ je crois bien Margot. Tu en étais, tu sais tout à cette heure-ci.

Je préfère me dire que tout s’est bien déroulé et de toute façon, j’ai tellement de chose dans ma tête Margot, tellement. Tu sais que j’ai honte de moi ? Tu sais que j’ai eu un plaisir fou durant cette soirée ?Mais tu sais que je devais être un pauvre joujou, une pouliche comme il m’a appelé, l’autre ! une poupée à baiser.

Finalement Margot, c’est peut-être bien moi qui ait gagné car, en jouissant, en ayant tout ce plaisir, je les ai niqué Margot. Tu vas être étonnée de mon langage peut être, je m’en fous. Je les ai niqué ! Peut-être que je me dis ça pour me rassurer. Peu importe Margot, ça fait du bien.

Je me suis finalement décidée à me relever, c’est plus juste que de me lever… Alors je le vois là assis qui regarde par terre. Je n’ose lui demander quoi que ce soit. Il a un air plutôt neutre malgré cette mine déconfite en même temps, la fatigue sans doute. J’espère que tu ne lui en as pas demandé trop Margot ? Plus que ce qui était prévu ? On ne se parle pas. On se regarde, je m’assois à la table, en face de lui.

Je le trouve beau. Margot crois-tu que notre vie va redevenir celle d’avant ? Il y a la mort d’un homme dans cette histoire, ho bien sûr c’était une ordure qui ne te voulait que du mal et te faisait souffrir. Margot, si tu voyais Camille là, assis en face de moi, si tu nous voyais assis tous les deux à cette table. Je me serais bien endormie pour de vrai, pour la journée, pour la nuit, pour la vie.

Qui va me sauver Margot ? Camille est à toi, il est à sa compagne…Et moi à qui je suis ? Laisse- moi dormir Margot… Laisse- moi partir.

 

Notre vie à quatre. Journal. Dimanche 6 novembre 2016. Jour 23

Voilà une semaine que tout cela s’est passé. Ce n’est que vers midi dimanche dernier que deux amis qui faisaient un tour avec leur petit voilier se sont approchés, intrigués par ce petit bateau qu’ils voyaient dériver depuis une demi-heure au large de la Corniche. Quand ils ont vu qu’il était vide de tout occupant, ils ont donné l’alerte. Les secours, avec un hélicoptère, ont tourné tout l’après-midi sans succès.

Les recherches ont duré deux jours et puis mardi soir le corps de Max a été retrouvé par un promeneur, échoué près de la résidence de vacances de la SNCF. Son corps avait doucement descendu la côte en direction d’Hendaye, poussé par les courants. Sud Ouest dans son édition de mercredi, a insisté sur l’imprudence de ce « citoyen suisse récemment installé dans la région qui était parti seul à l’aube et ne portait pas de gilet de sauvetage ».

L’article ne faisait que quelques lignes, sans famille ici, Max n’est qu’un touriste de plus victime de l’océan. Quand ils ne se font pas emporter sur la plage par une vague plus grosse que les autres, ils tombent de leur bateau… Pas de quoi bouleverser le petit monde du port de Ciboure qui en a vu d’autres. Le propriétaire du Pantxo fut heureux qu’on lui ramène son bateau sans aucun dégât mais superstitieux comme sont les gens de mer je ne sais pas trop s’il va pouvoir le louer aussi souvent maintenant.

Tony t’a appelé dimanche soir. Tu lui as dit que tu n’avais pas de nouvelles de Max et que ce n’était pas plus mal. Il a rappelé mercredi. Je n’ai pas écouté votre conversation mais elle ne fut pas très longue. J’imagine qu’il va vouloir nous revoir, mais sans la pression de Max sur toi, après deux ou trois refus polis, il passera à autre chose. Nous n’avons pas beaucoup parlé depuis dimanche.

C’est Alexia, celle qui a été le moins impliquée, qui semble le plus accuser le coup. Enfin d’après ce que je ressens car tu t’es refermée comme une huître. Tu es avec nous sans vraiment l’être, travaillant comme jamais tu ne l’as fait depuis ton arrivée ici, allant de rendez-vous en rendez-vous. Même mardi jour de la Toussaint tu as passé la plus grosse partie de la journée à ton bureau. Je n’ai pas insisté. Carine ne te quitte pas dès que tu rentres, une vraie mère poule.

 

à suivre…

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