Une maison pour 4 - Ep 15 _ Par CamilleC - Le Monde Sensuel d'Anna

Une maison pour 4 – Ep 15 _ Par CamilleC

Episode #15

Nous nous levons et nous dirigeons vers l’ascenseur, Alexia a un sourire crispé mais semble être prête à me suivre quoi qu’il arrive. Je salue le garçon en uniforme. « El Senor Jones nos espera ». « Si, muy bien. » Il appuie sur le bouton du dernier étage. La porte se referme. La main d’Alex sert la mienne un peu plus fort.

La porte s’ouvre. « Numero 2 a la derecha senor ». « Gracias. Buenas Noches. » Nous sortons. Déjà l’ascenseur redescend. Nous faisons quelques pas dans le couloir vide jusqu’à la grande porte de la suite numero 2. Je frappe. A peine 5 secondes se passent et on ouvre.

C’est un homme d’une cinquantaine d’années, barbe grisonnante, costume sombre qui nous accueille. Il est grand, dans les 1M85, et bien bâti. De grands yeux clairs, la peau assez matte. Il parle un excellent français malgré son fort accent américain. « Nous vous attendions, entrez. ».

La suite est magnifique, décoration très moderne, toujours dans les tons beige et dorés que l’on trouve partout dans l’hôtel. Nous entrons dans un grand salon avec devant nous une immense baie vitrée qui semble donner sur une terrasse. On voit la masse sombre de la rivière au premier plan et les lumières du quartier de Gros juste en face. A gauche le cube du Kursaal brille dans la nuit, derrière lui l’océan n’est qu’une vaste étendue obscure.

Mr Jones nous débarrasse de nos manteaux et pendant qu’il les range dans un placard près de la porte d’entrée nous restons, Alex et moi, un instant immobiles debout devant ce vaste espace. Intimidés autant par l’incertitude de ce qu’il va se passer que par la beauté et le luxe des lieux nous n’osons par faire le moindre pas en avant.

Une porte s’ouvre à droite, probablement celle de la chambre. Une femme, longue crinière blonde, presque aussi grande que notre hôte, la quarantaine rugissante, talons hauts, robe de cocktail rouge mettant en valeur ses formes de beauté californienne, vient vers nous avec un sourire hollywoodien. Son accent est encore plus marqué que celui de son compagnon même si son français est presque aussi bon : « Vous voilà ! Mais vous êtes encore plus charmants que ce que Tony nous avait dit ! ». Elle sert déjà la main d’Alexia aussi surprise que moi par cette apparition.

« Bonsoir je suis Nadia ! Vous êtes donc Alexia et Camille c’est cela ? ». Alex bafouille un « oui gêné ». « Et voici James mon mari » continue-t-elle alors que ce dernier vient de la rejoindre à la prenant par la taille dans un sourire aussi enthousiaste que celui qui ne semble jamais quitter le visage de sa femme.

Nos sourires nerveux et crispés doivent faire bien pâle figure en face des leurs. Mais James ne s’en laisse pas compter. « Un verre de champagne ? » . « Avec plaisir » répond poliment Alex qui semble heureuse qu’on lui propose ainsi de quoi se donner un peu de courage. Sur la table basse du salon, un bouteille de Ruinart Rosé nous attend dans un énorme seau à glace. 4 coupes sont servies en un instant et nous trinquons.

Je n’ai pas encore dit un mot. Je pense à toi. J’aimerais que tu sois là, pour me rassurer ou au moins m’encourager. « Cheers ». Le champagne frais me sort un peu de mes songes. James a pratiquement englouti sa coupe cul sec. Il repose son verre sur la table, visiblement pressé de passer à la suite. « Et bien je vous propose de passer à côté ! Enfin disons plutôt que je vous l’ordonne. »

Il sourit, ses yeux brillent. Nadia pouffe de rire, tout en se dirigeant vers la porte par laquelle elle est entrée il y a un instant. Alexia a repris ma main. Me la serre très fort pendant une ou deux secondes. Puis nous nous mettons en marche côte à côte, Nadia devant nous, James derrière. Elle ouvre la porte. Un immense « King size Bed » semble nous attendre dans une chambre qui n’est éclairée que par deux chandeliers.

 

Journal d’Alexia

On y voit pas beaucoup et on y distingue plus qu’on ne voit. J’avance dans la pièce tenant toujours la main de Camille. Je sais bien qu’il va bien falloir que je la lâche. Ce moment ne se fait pas attendre car la voix de James retentie à mes oreilles. « Alexia déshabille toi » il est clair que le ton ne laisse pas de choix possible.

Je lâche la main de Camille. En passant mes mains dans mon dos je trouve le bouton en haut de cette belle robe dos nu, presque indécente tellement l’ouverture de la robe descend bas, au ras du bas des reins. Je dégage les bretelles et elle tombe à terre à mes pieds chaussés de ces escarpins qui me dessinent mes jambes. Je ne porte plus que mes bas et cet ensemble de dentelle noire qui j’imagine doit allumer le regard de James et pourquoi pas celui de Nadia.

Camille reste debout, il ne bouge pas et d’ailleurs que ferait-il d’autre ? On ne l’a invité à rien pour le moment. Si ce n’est Nadia qui s’est positionnée derrière lui et qui caresse doucement sa nuque. Je l’ai vu en tournant la tête. Je ne bouge plus, suis en soutien gorge, string et je sens les yeux de James me scruter, me pénétrer, me perforer.

Soudain il dit « je veux voir tes seins » ! Sans attendre et avant qu’il ne dise quoi que ce soit d’autre, je passe mes mains dans mon dos et dégrafe mon soutien gorge. Mes seins apparaissent et c’est Nadia qui vient vers moi et tourne autour de moi. « jolis seins, James tu ne vas pas être déçu de ton jouet. Ce mot jouet résonne dans ma tête. Une fois de plus je vais être un jouet mais je ne sais pourquoi, je sens comme une certaine perversité en ce couple.

J’entends les pas de Nadia, des talons qui claquent sur le parquet de la chambre. Je n’ose me retourner. Je la devine à droite qui marche lentement. J’entends un tiroir qui s’ouvre et qui se ferme après qu’elle l’ait fouillé deux secondes. Je l’entends qui revient vers moi. Je sens son corps tout près du mien.

Puis, je sens ses doigts qui caressent le pourtour du string, pire je les sens qui glissent sur les cuisses, suivant la dentelle. Je la sens tirer le bout de tissu qui s’écarte de ma peau et j’entends le cliquetis d’un couteau qui s’ouvre. Un coup, un seul et mon string est découpé sur le côté. Je ne bouge pas, tremblante et peureuse. Nadia me contourne et le même cirque recommence. Ses doigts, ma peau, mon string, le couteau et la découpe sèche. Cette fois-ci il tombe à mes pieds.

Je n’ai plus que mes escarpins et mes bas. James reprend la main et me dit sèchement mais d’une voix monocorde : « Marche le long de la pièce, jusqu’au mur et revient et repart, et revient, marche ». Nadia est revenue vers Camille et je l’entends, l’entraîne un peu plus en retrait. J’entame ma marche vers ce but qu’est le mur d’en face.

Au détour, je regarde et je ne le vois quasiment plus pourtant je sais que Camile est là. Arrivée au mur, je fais demi-tour et je marche vers l’autre but, l’autre mur. James fait entendre sa voix : « Marche mieux, t’as jamais vu un mannequin marcher ? Marche ». Moi qui ai toujours trouvé ridicule cette démarche des mannequins qui ont plus l’air de hérons qu’autre chose et il va me falloir essayer de faire pareil, nue.

Je déambule ainsi, en faisant ces rotations d’un mur à l’autre. « Arrête tu es d’une nullité affligeante ». Je stoppe et je me sens absolument vexée. Quel con ! Qu’est-ce qu’il sait de moi ? Connard !

Je sens sa grosse main et je ne l’avais pas remarqué ça mais en même temps comment le voir dans cette pénombre. Il me happe et m’entraîne vers cet immense lit. Il tend mon bras en tirant sur mon poignet.

Sans que je puisse dire ou faire quoi que ce soit et d’ailleurs aurais- je pu faire quoi que ce soit ? Je suis attachée par une main à des menottes dont l’autre bout est fermé sur l’armature de métal doré de la tête de lit. Je suis debout, ne pouvant guère bouger.

Que va-t-il se passer ? Je sais très bien que ça va être du sexe et encore du sexe. Mon Dieu que j’aime le sexe, je ne peux pas dire le contraire mais sans doute, pour une fois, j’ai peur. Ce n’est peut-être pas justifié mais c’est comme ça, j’ai peur.

Nadia se rappelle à nous. « James, elle je sais qu’elle te plait, elle a tout pour ça, tout pour être la salope, la putain que tu veux mais lui ? Qu’en penses-tu ? à ton goût ? Il te plait ? » J’ai bien entendu, en plus il est bisexuel. Camille, mon pauvre Camille à quelle sauce vont-ils te bouffer ?

à suivre…

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One Comment

  • Le blanc

    Pas mal du tout un peu long à mon goût mais n’est ce pas cette longueur avec autant de détails qui donne envie de continuer et d’aller au bout avec des fois un frisson ou 2 a certain passage. Merci pour cette lecture 💚

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