Une Maison pour 4 – EP 1 _ Par CamilleC

Chez nous, 1er septembre 2016.

Tout est allé si vite. Vous nous avez tenus au courant au fur et à mesure de nos vacances, comme nous le faisions de notre côté. Les deux semaines sont passées à toute allure. Tu as parlé d’un « déclic » chez toi, de cette envie de prendre ton destin en main et de construire ce dont tu rêvais depuis longtemps. Etre ton propre boss et mener ta vie comme tu le voulais.

Tu as appelé tes clients russes, tu leur as parlé de ton projet, ils ont été ravis que quelqu’un et encore plus que toi, ait envie de s’installer là où ils passent de plus en plus de leur temps, au soleil, là où leurs ancêtres venaient déjà passer l’hiver il y a plus d’un siècle. Un cabinet d’avocat d’affaires sur la Côte basque l’idée était un peu folle mais entre ta clientèle de nouveaux riches russes et les gros industriels basques espagnols il y a un coup à jouer. Ton charme et ton talent feront le reste.

De notre côté Alexia avait déjà un projet de se lancer à son compte. Avec toutes les boites de surfwear installées ici et son petit réseau dans le monde du style et du design elle n’avait en fait besoin que d’une petite excuse pour sauter le pas. Je suis arrivé au bon moment.

Dans à peine deux mois nous serons donc quatre dans notre petite maison. Nous avions acheté un peu large en pensant à nos futurs enfants. En guise de mômes nous voilà donc bientôt avec deux jeunes femmes. C’est sur les ragots vont aller bon train dans le voisinage. Deux femmes qui s’installent chez les Chardon. Et comme je te connais tu vas te faire un plaisir de rapidement les choquer, de leur faire comprendre qui vous êtes. Peu importe, il faudra qu’ils s’y habituent, car je n’ai certainement pas envie de renoncer à Alexia, ni à toi, ni à Carine.

Carine… Justement elle est là, à déjà tout préparer, tout décorer. C’est elle qui a décidé que je m’installerai en bas avec Alexia et que vous occuperiez la chambre du haut. Depuis qu’elle est rentrée de Paris elle n’arrête pas. Magasins de déco, brocantes, petit tour chez Ikea, la maison est en chantier. Quand elle s’arrête elle ne parle que de toi, que de vos moments seules chez toi. Je la vois pianoter sur son téléphone le jour, la nuit, elle rit toute seule, les yeux brillants et puis elle monte et je l’entends parler des heures durant. Elle n’a jamais été aussi belle et tu l’as gâté, sa nouvelle garde-robe la met si bien en valeur.

Nous sommes comme des amis, des collocs. Mes yeux traînent forcément sur ces jupes courtes, sur ces hauts cintrés qu’elle n’osait même pas porter en rêve il y a encore un mois… Mais elle comme moi savons que tant que tu n’es pas là rien ne se passera entre nous. Alors je dois me contenter, Carine aussi doit le faire j’imagine là-haut dans votre futur nid, de longues conversations délicieusement coquines avec Alexia. Skype est notre meilleur ami en ces temps de séparation. Et Alexia aime tant m’obéir, m’exciter, me surprendre… Je ne sais pas si tu es en contact avec elle, si tu tires, comme tu aimes bien le faire, les ficelles en coulisses en lui donnant consignes et idées, ou si c’est elle qui apprend très vite. Quoi qu’il en soit nous passons de très jolis instants derrière nos écrans respectifs. En attendant vos arrivées.

 

 

Chez nous, 8 septembre 2016.

Margot, encore trois semaines avant qu’Alexia ne pose ses valises ici. Quand à toi, il faudra que nous attendions la fin octobre. L’attente va être intenable. Hier j’ai craqué et après le boulot au lieu de rentrer j’ai pris la route de Bordeaux et fait les deux heures de route pour passer la nuit avec Alexia dans son minuscule appart du centre- ville. J’ai tenu 9 jours sans la voir et je me demande comment j’ai fait. Elle m’attendait. Elle savait toute mon impatience. Je l’avais bombardé de SMS toute la journée.

Quand elle a ouvert la porte elle n’a même pas prononcé un mot, nos corps se sont soudés. Je l’ai baisé avec une telle hargne. Elle m’a avoué après la tempête, quand on a enfin échangé quelques paroles, qu’elle avait même eu un peu peur tant je l’ai serré fort, prise sans concession. Nous n’avons pas quitté sa chambre, nous n’avons pas dîné, à peine dormi. Nous n’avons même pas parlé de ses projets, de ce qu’elle fait de ses journées, de ses préparatifs. En fait, nous avons juste laissé nos corps fusionner. Et je suis reparti avant 7 heures, elle dormait doucement, j’ai roulé directement jusqu’au bureau.

Je sens que du côté de Carine votre absence, enfin plutôt ton absence, commence aussi à se faire longue. Elle est plus que jamais accroc à son téléphone mais son sourire semble s’effacer derrière un masque d’angoisse. Je sais que tu es très occupée avec tes dossiers à faire passer à ton équipe, ton projet à monter, et c’est aussi pour cela que je ne t’ai pas envoyé d’autres messages que le mail de l’autre jour et celui-ci, mais sache que Carine a besoin d’être rassurée. Elle a besoin de toi.

Je vais lui proposer qu’elle aille passer un week end à Paris, elle travaille celui-ci, dans 10 jours si cela te convient. Je sais qu’elle y pense mais n’ose pas me le demander. Elle a peur de me montrer à quel point elle est devenue accroc à toi… Je trouve cela touchant. Et toi ? Est-ce qu’elle te manque ? J’en suis sûr en fait. Mais je sais aussi que si ta frustration se fait trop forte tu n’hésiteras pas à retrouver les bras d’un ancien amant, d’une de tes amantes…

 

à suivre…

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