55 heures à Paris – Ep. 7 _ Par CamilleC

H11 Vendredi 9H00

Le réveil est difficile. La lumière filtre doucement à travers le rideau du salon. Tout est calme. J’entends quelques petits bruits venus de la cuisine, me lève finalement, un peu au radar. Pierre est seul devant la cafetière, en caleçon, torse nu. Il prépare visiblement un plateau pour deux. « Bonjour » dis-je-timidement. « Bonjour Camille, bien dormi ? ». Aucune animosité ou mépris dans sa voix. Il est souriant, sympathique. « Pas tellement mais la soirée a été un peu perturbante, j’avais beaucoup de choses qui trottaient dans la tête ». « Oh oui, bien sûr. Tu as eu quelques surprises ! ».

Je baisse la tête un peu honteux. Il ajoute : «Fais comme chez toi il y a tout ce qu’il faut ici et dans le frigo. Les filles devraient être là d’ici une heure, essaie d’être prêt, enfin je veux dire, lavé, habillé…». Et sans rien dire de plus il prend le plateau et file vers ta chambre. Je le regarde partir rejoindre ma compagne. Je l’imagine nue sous les draps, l’attendant avec impatience. Et au lieu d’être en colère je suis troublé, et pour tout dire excité. Je les imagine comme un petit couple d’amoureux après leur première nuit.

Alors je me force alors à penser à autre chose pour ne pas m’auto flageller encore plus. Puis, je prends un café seul dans ta cuisine puis file me doucher. Quand je ressors, serviette autour de la taille, la porte de ta chambre est toujours fermée. Je n’entends rien même si je l’avoue je tends l’oreille. Je m’habille machinalement, décontracté mais tout de même plutôt chic par rapport à mes habitudes. Jean slim, chemise unie.

Pile au moment où je termine Pierre sort de ta chambre nu comme un ver, il me sourit et sans un mot passe à la salle de bains. Le temps qu’il referme la porte de ta chambre j’ai le temps d’apercevoir C qui semble endormie sous les draps blancs et le plateau vide posé au bout de ton grand lit. Mon estomac se noue. Petite humiliation après petite humiliation je commence à avoir du mal à encaisser. J’ai envie de fuir, de prendre mon sac et filer à l’aéroport. Je pense à toi, à tes consignes, tes ordres. Mais je n’ose pas dire stop. Je n’ose pas te désobéir, une nouvelle fois.

Donc, je m’assois sur le canapé. Je regarde l’heure, 9H50. J’attends MA et Charlotte comme une délivrance. Je n’ai heureusement pas à attendre longtemps. Alors que j’entends encore la douche de Pierre couler, on sonne. Je vais ouvrir. Tes deux amies sont derrière la porte souriantes. Jolies comme des cœurs dans des tenues moins chic mais pas moins mode qu’hier soir. « Ah tu es prêt c’est parfait » lance Charlotte sans entrer alors que je tiens la porte. « On ne s’arrête pas ! M nous a envoyé un SMS tout à l’heure, on t’emmène avec nous et on laisse C et Pierre roucouler tranquille ! ». Surpris je ne sais quoi faire. « Allez claque la porte, on est partis » rit MA en me tirant par le bras. Je ferme la porte derrière moi et les suis tandis qu’elles sont déjà en train de descendre les premières marches de l’escalier.

 

H12 Vendredi 10H00

De l’air, du soleil, sortir de ton immeuble est une vraie bouffée d’air. Et en étant aussi bien accompagné en plus ! J’essaie d’oublier Pierre, C, les moments les plus humiliants de la soirée d’hier en marchant dans la rue avec tes deux magnifiques amies. Leur complicité fait plaisir à voir. « Où allons-nous ? » dis-je après un petit moment à marcher à travers ton quartier. « Oh nous avons une mission, M a un programme très ambitieux pour votre petit week end ! Nous allons là ! ».

Charlotte qui a répondu à ma question me désigne une enseigne bleue au-dessus de l’entrée d’un immeuble du Boulevard St Germain que nous descendons depuis quelques minutes. Une vaste salle de sport. « heu c’est que je ne suis pas vraiment en tenue… ni vous d’ailleurs ». « Oh on ne vient pas faire du sport ! » lance en riant et sans s’arrêter MA qui monte déjà les quelques marches entre le trottoir et la large porte vitrée du club. Je les suis. Elles se présentent toutes en charme à l’accueil, font miroiter à la jeune femme en jogging derrière le comptoir une possible inscription de nous trois et obtiennent rapidement l’autorisation d’aller faire un tour des installations « pour voir ».

Intrigué je les interroge du regard mais ne reçoit en retour que des ricanements complices et amusés de ce duo infernal. Nous prenons l’ascenseur, la salle s’étalant sur plusieurs étages. Charlotte appuie sur le bouton « 2 » qui est suivi sur le panneau de l’indication « Musculation. Salles de cours ». Nous montons. La porte s’ouvre. Une gigantesque salle de muscu remplie de dizaines de machines apparaît devant nous. « Bien tu restes derrière nous sans rien dire pour le moment Ok ?! » me dit MA.

Les voici qui parcourent les allées côte à côte regardant à droite à gauche, observant la foule principalement masculine et musclée qui s’échine sur les appareils aussi divers que variés. Forcément elles ne passent pas inaperçues, belles et rieuses qu’elles sont. Je vois des têtes se tourner, des sourires aguicheurs. Je suis ce petit cortège amusé sans connaitre leur objectif. Au bout de quelques instants et après une petite discussion entre elles, elles reviennent vers moi, sourire en coin.

«Bien, voilà que l’on t’explique… » commence Charlotte. « Pierre est un magnifique et doux amant pour ta femme bien sûr, mais M veut la gâter ce week end et Pierre n’est pas suffisant… Alors M nous a demandé de faire un peu de recrutement. Elle nous a donné des instructions claires par SMS ce matin : « Trouvez un vrai Bull pour C et bien sûr c’est Camille qui doit le convaincre ».

Je reste bouche bée, foudroyé. Elle poursuit …« Alors évidemment ici c’est l’endroit idéal. Tu as vu tous ces magnifiques spécimens ? Musclés à souhait et si bien membrés ! » MA s’approche tout près de moi et continue à mon oreille : « Nous avons hésité mais nous pensons que celui- là serait parfait ». Elle me montre une armoire à glace, brillante de sueur, un jeune colosse black qui soulève des tonnes de fonte à quelques mètres de là.

Charlotte profite de ma totale surprise, de ma stupeur pour me tendre une photo. Je reconnais C alanguie et sensuelle. La photo a dû être extraite du film d’hier soir, juste après que Pierre ait joui en elle au Cellar. « Voilà tu n’as plus qu’à aller voir ce charmant jeune homme et lui dire que tu lui offres cette magnifique femme, qu’il n’a qu’à venir chez M tout à l’heure ». Je les regarde. Ma main tremblante fait vibrer le cliché. Et je ne trouve pas mes mots. « Allez, allez c’est un ordre » rajoute MA en me poussant un peu dans la direction de l’athlète qu’elles viennent de choisir.

Je ne dis pas un mot. Je baisse la tête. Alors, je fais quelques pas, passe devant Charlotte. Je sens leur regard sur moi. Comme un zombie je m’avance. J’observe l’homme désigné pour baiser ma compagne. Puis quand il termine sa série lui fait signe de la main. Intrigué il s’approche de moi. J’oublierai ensuite le détail de ce que je lui dis. Tout cela deviendra flou, je suis dans un état second, comme à moitié sonné ou saoul.

Tout ce dont je me souviendrai c’est qu’il aura d’abord été incrédule puis que ses yeux auront brillé devant la photo et qu’ensuite il notera ton adresse. Il s’appelle Walter et il sera chez toi vers 14h00. Nous repartons comme nous sommes venus. « Tu as été parfait » me dit MA en sortant de la salle. Elle tapote sur son téléphone. « M va être ravie, en plus j’ai fait une photo… ». Nous reprenons le chemin de ton appart.

 

H13 Vendredi 11H00

C’est Pierre qui nous ouvre la porte. « Hé les filles ! Je vous ai même pas entendues tout à l’heure, cette petite balade c’est bien passé ? ». Il est habillé d’un jean moulant et d’un marcel noir qui l’est tout autant. « Parfaitement » enchaîne Charlotte aussi enjouée que possible. « Camille s’est très bien débrouillé et je pense que C va apprécier notre choix ». Justement tandis que nous entrons dans le petit hall j’aperçois C assise à la table de la cuisine en train de boire un café.

Elle porte exactement le type de tenue que j’essaie de lui faire porter sans succès depuis des années. Une petite robe toute simple, blanche qui fait ressortir ses belles hanches et ses jambes fines. Les cheveux attachés elle respire la sérénité. Le sexe l’a toujours rendue belle. Comme c’est le cas depuis hier soir elle ne lève même pas les yeux vers moi, m’ignore complètement. MA doit ressentir ma gène et me tire par le bras pour m’emmener vers le salon.

Je me retrouve assis avec elle sur le canapé. Elle sort un ordinateur portable d’un tiroir de la table basse et le met en marche. Charlotte nous rejoint tandis que j’entends Pierre lancer à la volée en enfilant un blouson en jean. « Bon on va prendre l’air avec C. Une petite balade romantique sur les quais nous fera le plus grand bien par ce beau temps ». Je ne vois pas ma compagne sortir de la cuisine, j’entends juste la porte qui claque. Mon imagination divague un peu, je les vois minauder sur les bords de Seine, Notre Dame en arrière-plan…

MA me ramène subitement à la réalité en me pinçant le bras. « Hé ho, tu es avec nous ? M nous a donné des devoirs à faire ! ». Charlotte reste debout derrière nous, appuyée sur le dossier du canapé, souriante et moqueuse. MA branche son téléphone au PC et télécharge plusieurs fichiers. Je me rends compte que ce sont les vidéos et les photos de la soirée d’hier ainsi que le cliché qu’elle vient de prendre du bodybuilder. « Bien à toi de jouer. Je te lis les consignes de M… ».

Elle récite sur son téléphone un SMS que tu as du lui envoyer plus tôt ce matin. « Bien tu vas demander à Camille d’ouvrir sa page facebook. Il va créer un groupe privé et inviter tous ses contacts, moi comprise bien sûr. Ensuite il va mettre dans ce groupe les deux vidéos d’hier soir. Celle où il se fait prendre par Pierre en s’occupant de Charlotte et celle de sa femme avec Pierre et moi. Il va ajouter une sélection de tes photos. Ensuite je veux qu’il commente tout ça pour que tout le monde se rende compte de ce qu’il est en train de vivre ce week-end. Enfin il mettra la photo du Bull que vous avez trouvé en indiquant que c’est le prochain amant de sa chère C ».

MA semble jubiler de te lire ainsi. « Je surveille ça depuis le bureau, et je veux lire tout ça avant ma pause déjeuner ! ». Charlotte applaudit euphorique. « Allez au travail Camille ! » me lance-t-elle. Je passe la demie-heure suivante à exécuter tes ordres. Je suis ainsi obligé de revoir une partie des vidéos. La sélection des photos à laquelle participent activement tes deux amies est particulièrement pénible.

Tu as encore trouvé une nouvelle manière de m’humilier. Mais pourtant, je dois bien me rendre à l’évidence, tout ça m’excite aussi terriblement. J’ai même une certaine fierté à appuyer sur « Publier » à chaque étape de tes consignes. Une fois la photo de Walter mise en ligne MA referme le PC. Pas plus de trois minutes plus tard son téléphone vibre. « Très bien, tu peux féliciter Camille c’est du bon boulot ».

 

à suivre…

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