55 heures à Paris – Ep 26 _ Par CamilleC

H53 Dimanche 3h00

Nous nous sommes rhabillés. Dans une heure un taxi passera nous prendre à la sortie du Cellar. Toi et Carine êtes lovées l’une contre l’autre au fond du canapé. Vous partagez la même coupe de champagne, les mêmes sourires, les mêmes rires. Nous allons danser un petit moment derrière le rideau avec Alexia. Même si nous sommes seuls nous ne reparlons pas de ce que tu viens de nous faire vivre. Ce qui est fait et fait.

Nous venons juste de passer une étape, un prélude peut être à d’autres choses où vous tiendrez un rôle, ou pas. En attendant nous profitons juste du moment, de la musique, de la nuit. Deux semaines en tête à tête nous attendent. Deux semaines aussi de réflexion, pour nous, pour vous, pour nous 4 au final. A moins que comme tu en as l’habitude tu ne préfères nous laisser, retrouver tes habitudes d’animal solitaire, qui va de proie en proie, de festin en festin.

Je pense à ça, pour la première fois du week-end je semble retrouver un peu de lucidité. Je pense à toi et me demande si le piège que tu m’avais tendu pour ces 55 heures ne s’est pas finalement refermé sur toi. Carine semble t’ensorceler. Non, mes pensées s’éclaircissant, non tu ne vas pas reprendre tes habitudes. Je ne sais pas ce que vous allez devenir ensemble, mais ce sera ensemble. Ça saute aux yeux comme une évidence. Et moi ? Et Alexia ? Je ne sais pas. Pas encore. Elle me tire par la main, nous revenons vers vous, essoufflés. Le champagne coule à nouveau dans nos verres. On trinque. On rit.
Il est déjà l’heure. Nous reprenons nos affaires. Le Cellar ne va pas tarder à fermer. Les salles se sont vidées. Dehors il fait frais. On s’embrasse comme des amis. Nous savons que nous nous reverrons très vite et qu’en attendant nous allons rester en contact. Tu es douce et tendre, avec moi comme avec Alexia. Le contraste est saisissant avec la Margot d’il y a à peine une heure et demie. Tu n’es pas Maîtresse à cet instant, juste cette Margot pleine de fêlures et de secrets, si sensible et si fragile au final, cette autre Margot qui est ma meilleure amie.

Le taxi est là. Nous vous laissons, je vous vois disparaître dans le miroir du chauffeur, enlacées, côte à côte sur le trottoir.
Silence sur la route. Alexia s’est endormie presque tout de suite. Elle a l’air si fragile, si petite, calée dans le coin de la banquette. J’ai mis ma veste sur elle en guise de couverture. A cette heure le trajet est rapide. Déjà les lumières de l’aéroport, Paris est derrière nous.

Je réveille doucement Alexia, je paie la course et nous entrons dans le hall. Les boutiques sont encore presque toutes fermées. A moitié endormis nous enregistrons nos petits bagages pour notre destination finale. Au guichet l’hôtesse s’étonne que nous passions par Lyon pour partir au soleil. « Oh c’est une longue histoire Mademoiselle… ».

Sourire d’Alexia qui doucement se réveille. Nous passons les contrôles. Nous avons un peu d’avance. Une bonne demi-heure avant d’embarquer. On s’affale dans les fauteuils de la salle d’attente. Le vol sera loin d’être plein. Qui va à Lyon un dimanche d’Août à 6 heures du matin? Nous retombons doucement dans une certaine léthargie quand mon portable vibre.
Un SMS, de toi. Je m’attends à lire un « on est rentrées, on vous embrasse, bon voyage ». Mais ce n’est pas du tout cela : «Consigne numéro 1 de vos vacances : Alexia doit se faire baiser par quelqu’un d’autre que toi avant de monter dans l’avion ». Je reste une seconde paralysé, relisant le texte deux ou trois fois. Alexia se relève intriguée par mon trouble. Pour toute réponse je lui tends mon téléphone. Quelques secondes de silence et elle me le rend en me regardant. Puis très tranquillement elle me dit : «Va falloir faire vite. » Je la fixe. Lui souris. Elle se lève, réajustant sa robe. Elle se dirige vers les toilettes des hommes. Je la suis quelques pas en arrière. H0 de notre nouvelle vie. Je crois qu’elle va être plus amusante que la précédente.

 

Fin 

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