55 heures à Paris – Ep 23 _ Par CamilleC

H 47.5 Samedi 21h30

Nous descendons la rue St Dominique en direction du Champ de Mars. Autant profiter jusqu’au bout de cette dernière journée parisienne. Nous nous sommes donnés pour but d’aller manger une glace sous la Tour Eiffel. Nous flânons cornets à la main. On passe sous la Vielle Dame sans oublier de nous embrasser à en perdre haleine dans le soleil couchant.

Je crois que quelques touristes japonais nous ont pris en photo. Alexia est belle et ma chemise gris clair amène la petite touche de romantisme qui va faire de nous le couple « so typique » épinglés dans un album de craftbooking d’une Tokyoïte de retour de vacances. On rit dans l’euphorie du moment. Nous rejoignons le quai où des hordes d’Américains font la queue pour monter dans les bateaux -mouche.

Assis sur un banc face à leur embarcadère on leur fait des petits signes de la main en riant. « Je crois qu’on a trouvé notre vocation. On devrait se faire payer par des agences de voyage comme le « classique couple d’amoureux parisiens », on irait se montrer dans tous les sites à touristes de la ville ! Un peu comme les gars déguisés en soldats romains dans les rues de Rome ». Comme deux gosses on rigole sans retenue à l’absurde proposition d’Alexia.

L’air au bord de l’eau se fait plus frais avec la nuit qui est arrivée maintenant et elle se blottit un peu contre moi pour ne pas avoir froid. Je me prends à rêver de projets entre nous. Je me dis que je nous n’avons même pas eu ce type d’instant tendres Carine et moi durant toutes ces années. Et pourtant on s’est aimé. Vraiment.

 

C’est mon téléphone qui me ramène à la réalité. Un SMS, de toi. « Coucou les tourtereaux, Cendrillon est demandée dans une heure trente au White Cellar aucun retard ne sera accepté ! ». Je me tourne vers Alexia. «Le White Cellar… je t’ai raconté jeudi soir là-bas… Si finalement tu ne veux pas y aller, je comprendrais, c’est un endroit spécial ». « J’ai dit que je serai là, je serai là ». Son assurance me touche.

Je serre sa main qu’elle avait posée sur la mienne. « Ce n’est pas trop loin, on peut y aller à pied, par le Pont de l’Alma et l’Avenue Montaigne on y sera vite ». Alors, je réponds à ton texto : « Cendrillon viendra avec son Prince Charmant que Marraine soit d’accord ou pas. » Ta réplique ne tarde pas. « J’espère que le Prince Charmant a conscience que le White Cellar n’est pas le Château de la Belle au Bois Dormant ».

Je la montre à Alexia. « Réponds-lui que le Prince Charmant n’a peur ni des dragons ni des méchantes sorcières ». Je t’envoie la réponse d’Alexia et éteins mon téléphone. « On se met en route ? ».
Nous traversons la Seine et passons sur le quai rive droite. De là on remonte tranquillement la Seine main dans la main sous les regards bienveillants de la Tour Eiffel, de nos amis américains sur leurs bateaux à touristes et des heureux propriétaires des péniches amarrées-là qui prennent le frais sur leurs terrasses.

Alors que nous approchons du Pont de L’Alma, sans nous en rendre compte dans la semi-obscurité des lieux nous nous retrouvons dans un cul de sac. Le quai s’arrête provisoirement là avant de reprendre quelques centaines de mètres plus loin après le pont. La dernière péniche semble vide de tout occupant. Je tire le bras d’Alexia pour faire demi-tour et rejoindre le premier escalier qui nous ramènera au niveau de la rue.
Elle retient mon bras. « C’est joli ici. Et tranquille.» me lance-t-elle mutine. « En effet et la vue n’est pas désagréable. » Je l’embrasse. «Mon corps a encore besoin de toi » me souffle-t-elle à l’oreille. L’important trafic des bateaux en ce début de samedi soir me gêne pour aller plus loin mais la silhouette sombre de la péniche me donne l’idée de nous en servir comme protection. J’attire Alexia vers elle. La passerelle qui permet de monter à bord est fermée par une grille mais peu importe, nos sens sont déjà trop éveillés pour reculer.

Si nous ne pouvons franchir cette barrière, rien ne nous en empêche de nous en servir. Je pousse Alexia contre. Dos contre les barreaux métalliques elle me regarde avec un sourire aguicheur. Mes mains remontent sa robe sur sa taille, mon corps vient à la rencontre du sien. Je sais que nous risquons tout de même d’être vite repérés. Des piétions sur la rue au-dessus ou sur le Pont de l’Alma pourraient vouloir regarder la vue sur la Seine, à moins que d’autres promeneurs ne se fassent piégés par le cul de sac comme nous…

Le danger, l’excitation, nous nous hâtons, sans guère de préliminaires, je tire sur sa culotte tandis que ses mains défont ma ceinture. Je m’accroche d’une main à la grille et je la pénètre d’un violent coup de rein. Elle soupire, ouvre les jambes. Je ne ménage pas mon énergie et la passerelle bouge sous nos mouvements, la grille vibre. Alexia retient ses gémissements.

Nos ébats sont brefs mais au combien passionnés, presque, je l’avoue, brutaux. Elle s’accroche à moi par une épaule, serre ses cuisses autour de moi avant que je ne finisse par jouir en elle. Essoufflés nous nous affalons finalement sur la passerelle. On sourit devant notre coup de sang. Je l’embrasse tendrement. Je jette un coup d’œil autour de nous. Il semble que personne ne nous ait vus. Mis à part la Tour Eiffel. Le Zouave du Pont qui nous tournait le dos nous a peut être entendu…
Après avoir pleinement retrouvé nos esprits nous reprenons notre route. Plus complices que jamais. Je remarque qu’ensemble nous sommes assez avares de mots et que pourtant nous nous comprenons parfaitement. D’heure en heure je sens le lien entre nous se solidifier, la complicité s’affirmer. Nous remontons l’Avenue Montaigne. Le White Cellar n’est plus très loin. Je regarde ma montre, il est 23H45. Cendrillon sera bien à l’heure. Son Prince Charmant n’a jamais été aussi charmant. Espérons seulement que les Marraines soient bien lunées…

 

à suivre …

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