55 heures à Paris – Ep 14 _ Par CamilleC

H22.5 Vendredi 20H30

 

Tu as appelé un taxi. Nous l’attendons devant la porte de ton immeuble. La chaussée est encore mouillée après l’orage et l’atmosphère est devenue beaucoup plus respirable. La lumière du jour commence à baisser. Nous sommes nous aussi « rafraîchis », la douche a fait du bien.

J’ai mis un costume noir cintré mais pas trop strict, une chemise blanche sans cravate et je ne suis pas peu fier d’être entouré par deux beautés comme vous. Les cheveux lâchés, des bijoux en or, une robe tunique crème, des spartiates dorés dont les lanières remontent haut sur le mollet, tu arrives par ta tenue à être à la fois chic et parfaitement décadente. On dirait une princesse barbare en route pour une orgie dans un palais de la Rome antique.

Quand à C, votre opération shopping de la veille a été fructueuse. Je la découvre dans une mini robe noire qui met en valeur ses belles jambes qu’elle s’échine d’habitude à cacher. Encore plus surprenant tu as réussi l’exploit de lui faire acheter et mettre des talons. Avec un chignon parfait, un maquillage délicat, elle est plus belle qu’à ses 20 ans.

 

Le taxi finit par arriver et nous nous engouffrons à l’arrière. Il ne nous faut pas longtemps en ce calme week-end d’août pour atteindre une des nouvelles adresses tendance du Marais. Nous nous installons à une table vers le fond de la salle. Lumières tamisées, décoration soignée, carte entre gastronomie classique et nouvelle cuisine à la mode, tu nous as gâté.

Depuis que tu nous as laissé pantois sur le tapis de ton salon tu n’as pas dû nous dire plus de 20 mots. Tu sembles être un peu ailleurs, dans tes pensées. Y sommes-nous ? Ou as-tu d’autres soucis ? Finalement au bout de quelques minutes tu te reprends et reviens pleinement parmi nous avec un sourire lumineux et quelques gentils mots à notre intention.

Avec C nous n’avons guère été plus bavards depuis tout à l’heure. Depuis notre discussion dans ta chambre nous nous surveillons, nous demandant si l’un de nous ira plus loin, trop loin, par rapport à l’autre ce week-end. Je sens le doute en elle comme il est en moi. Je sens aussi chez elle, comme chez moi, un furieux désir. Nous sommes en plein poker menteur et si aucun de nous ne cède je me demande jusqu’où tu vas arriver à nous emmener. En attendant nous trinquons dans une fausse décontraction et un rien d’appréhension.

 

Fort heureusement, l’alcool aidant peut être, ta conversation surement, nous finissons par passer un moment fort agréable. Petit apéro, belle entrée. Alors que je viens d’achever de déguster cette dernière, je prends congé un instant pour aller aux toilettes. J’ai à peine poussé la porte que le vibreur de mon téléphone me signale un SMS. Je regarde. C’est C. « J’ai très envie d’elle. Pas toi ? ». Je souris, ne m’habituant décidément pas à la nouvelle personnalité de ma compagne. Mais je réponds de suite : « Bien sûr mais la soirée ne fait que commencer ».

Je rentre dans une des cabines mais avant que j’ai pu défaire ma ceinture elle m’a déjà renvoyé un message : « J’ai pas envie d’attendre. J’ai envie que ce soit moi qui la baise cette fois ». « Oh je vois. Mais comment veux- tu faire ? ». «Je vais lui faire du pied pendant le plat et avant le dessert je vais aux toilettes et je suis sure qu’elle me suivra ». J’en reste bouche bée. Une telle prise d’initiative de la part de C dépasse tout ce que j’aurais pu imaginer. Je me rends compte de l’emprise que tu as sur elle, et comment tu l’as changé. Quand je reviens à ma place quelques minutes plus tard elle me fait un petit sourire en coin. Tu sembles à nouveau plongée dans tes pensées.

 

J’ai du mal à rester concentré sur mon, pourtant, délicieux poisson. Il faut dire que sachant ce qu’il se passe sous la table j’essaie de lire tes réactions et celles de C dans quelques silences un peu trop longs tout en essayant de rester discret. J’ai l’impression que tu rougis et tu as quelques sourires un peu incongrus. Face à toi C est impassible, sauf quand elle m’envoie deux ou trois fois des regards qui en disent un peu trop long.

La situation, bien sûr, m’excite même si j’enrage à l’avance de ne pas pouvoir être témoin de la suite. Le plat à peine terminé, C se lève et part vers les toilettes. Tu la suis une petite minute plus tard sans même me dire un mot. Je reste seul à la table, un peu penaud, avec une telle excitation que j’ai l’impression que la coque de métal autour de mon sexe va exploser.

Les minutes qui suivent semblent durer des heures. J’imagine que tout cela n’a pas duré tant de temps que cela car si la table été débarrassée le serveur n’a même pas encore amené les desserts quand vous revenez. Pourtant que cela m’a paru long ! Je suis par contre assez étonné par vos visages quand vous vous réinstallez. Si C a la mine d’une petite fille qui vient de faire une bêtise, rouge aux joues, œil brillant, toi par contre je te trouve un drôle d’air grave, un peu sombre ou mal à l’aise. Un air qui ne te quittera plus de tout le reste du repas.

L’ambiance est d’ailleurs un peu retombée, nous mangeons nos desserts dans un quasi silence et ni le café ni le petit digestif offert par la maison n’arriveront à te dérider. Quand finalement nous nous levons pour quitter le resto, vers une destination inconnue, « la suite » comme tu l’as dit d’un air songeur, je souffle à l’oreille de C pendant que tu règles l’addition, «Ca va ? Tu as eu ce que tu voulais ? ». Elle me répond mutine « Oui c’était parfait ». J’ai un peu de mal à croire que tu m’aurais fait la même réponse et c’est un peu troublé que je monte dans le taxi avec vous.

 

à suivre…

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